Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Sanctification par la vie de mère. (2ème partie)

    Dans les premiers mois après la naissance.

    Le Père à la mère de famille.

       Il faut que ton enfant t'aide à monter vers Moi. Pendant ces premiers mois, il est comme un petit animal, vivant d'une vie physique. [...] Il reçoit tout de toi et il n'en sait rien. [...]

       Mais voici que bientôt ses petits yeux vont se tourner vers toi... Ils te fixeront longuement... Il te semblera qu'il cherche à te reconnaître... [...] dès qu'il t'apercevra, tout en lui va s'animer, se tendre vers toi. [...] Et par cette connaissance va s'éveiller en lui, peu à peu, l'instinct de son amour filial. [...] La vie humaine sera entrée en lui par la connaissance et l'amour.

       Que cette sublime réalité, ma fille, que tu vas vivre désormais tous les jours, t'aide à comprendre ce qu'est la vie filiale que je veux voir développer en ton âme.

       Combien d'êtres humains sont, pendant toute leur existence terrestre, vis-à-vis de Moi, comme des nouveaux-nés durant les premiers mois ! Ils ne vivent que d'une vie physique, presque animale. Ils reçoivent de Moi tous les dons : celui de l'existence, celui de la santé, celui de l'intelligence... et ils n'en savent rien. Ils sont comme sourds, comme aveugles. Ils ne me connaissent pas. Beaucoup, en ouvrant un peu leurs yeux, arrivent à savoir qu'il y a un Dieu. Mais il ne Me connaissent pas comme leur Père. Comment pourraient-ils m'aimer ?

       Ce que j'attends de toi, ma fille, c'est que tu me connaisses comme un Père infiniment bon... comme ton Père aimant ; c'est que tu m'aimes d'un amour filial.

       Le désir que tu ressens si fort en ton coeur d'être bien vite aimée, très tendrement, par ton enfant, n'est qu'un écho, une participation de ce désir que j'ai dans Mon Coeur de Père d'être aimé de toi d'un amour filial pleinement confiant et tout abandonné à ma volonté de Père.

       Plus ton enfant apprendra à te connaître, plus son amour pour toi grandira. De même, plus tu apprendras à connaître ma Bonté, ma Miséricorde, mon Amour Infini de Père, plus tu M'aimeras, plus tu éprouveras le besoin de te jeter entre Mes bras de Père et de Me confier toute la conduite de ta vie. Ainsi, les progrès de ton âme dans ma connaissance et mon Amour seront reliés aux progrès de ton enfant dans la connaissance et l'amour de toi-même. Par ta vie et tes devoirs de mère auprès de ton petit, tu apprendras à pratiquer ta vie et tes devoirs de fille auprès de son Père du Ciel.

       Et quand ton petit te tendra les bras, quand il se tiendra entre tes bras, songe, à ce moment, que j'attends que tu Me tendes tes bras et que tu te tiennes, doucement abandonnée, entre Mes bras et sur Mon Coeur de Père.

    (Maternité, dix méditations pour les mamans. Mgr Guerry, pour les maternités catholiques.)

     

     

  • La mode

       Nous ne nous proposons pas de retracer ici le triste tableau trop connu des désordres qui se présentent à vos yeux : vêtements si exigus ou tels qu'ils semblent faits plutôt pour mettre davantage en relief ce qu'ils devraient voiler ; parties de sport qui se déploient dans des conditions de vêtements, d'exhibition et de camaraderie, inconciliables avec la modestie même la moins exigeante ; danses, spectacles, auditions, lectures, illustrations, ornements, où le désir du divertissement et du plaisir accumule les périls les plus graves. Nous entendons plutôt vous rappeler et remettre sous vos yeux les principes de la foi catholique qui, en ces matières, doivent éclairer votre jugement, guider votre conduite et vos pas, inspirer et soutenir votre lutte spirituelle.

       Car c'est bien d'une lutte qu'il s'agit. La pureté des âmes vivant de la grâce surnaturelle ne se conserve ni se conservera jamais sans combat. [...] Ne donnez point dans l'illusion de croire votre âme insensible aux excitations, invincible aux attraits et aux périls. Il est vrai que l'habitude souvent réussit à rendre l'esprit moins sujet à de telles impressions, surtout lorsqu'il est détourné, absorbé dans ses forces vives par l'exercice d'une activité professionnelle ou intellectuelle plus élevée. Mais s'imaginer que toutes les âmes, si enclines aux passions, puissent se rendre insensibles aux excitations provoquées par les images qui, colorées des attraits du plaisir, attisent et retiennent sur elles l'attention, serait supposer et estimer que la maligne complicité que ces périlleuses instigations trouvent dans les instincts de la nature humaine déchue et désordonnée puis jamais cesser ou diminuer. [...]

       La mode n'a, en elle-même, rien de mauvais. Elle naît spontanément de la sociabilité humaine, suivant l'impulsion qui incline à se mettre en harmonie avec ses semblables et avec les habitudes des personnes parmi lesquelles on vit. [...] Aussi, l'angélique saint Thomas d'Aquin affirme-t'il que dans les choses extérieures dont l'homme fait usage il n'y a pas de vice, mais que le vice vient de l'homme qui en use immodérément par rapport aux usages de ceux avec lesquels il vit, en se distinguant d'une façon étrange d'avec les autres, ou en usant des chose d'une façon conforme ou non conforme aux usages établis, mais avec un sentiment désordonné, par surabondance de vêtements superbement ornés, ou portés avec complaisance ou recherchés avec une sollicitude exagérée, alors que la modestie et la simplicité suffiraient à satisfaire au décorum nécessaire. Le saint docteur ajoute enfin qu'il y a acte méritoire de vertu dans la parure féminine quand elle est conforme à l'usage, conforme à l'état de la personne et dans une bonne intention. Lorsque les femmes portent des ornements décents en harmonie avec leur état et leur dignité, lorsqu'elles suivent en cela avec mesure les coutumes de leur pays, alors se parer est aussi un acte de cette vertu de la modération qui imprime une mesure à la démarche, à l'attitude, au vêtement et à tous les mouvements extérieurs. [...]

       Ce sont ces principes que saint Thomas d'Aquin énonce et rappelle touchant la toilette de la femme en indiquant quel doit être l'ordre de notre charité et de nos affections : le bien de niotre âme l'emorte sur celui de notre corps, et nous devons préférer à l'avantage de notre propre coprs le bien de l'âme de notre prochain. Dès lors ne voyez-vous pas qu'il existe une limite qu'aucune forme de mode ne peut permettre de passer, une limite au-delà de laquelle la mode se fait source de ruines pour l'âme de la femme et pour l'âme d'autrui ?

       Certaines jeunes filles diront peut-être que telle façon déterminée de se vêtir est plus commode et aussi hygiénique ; mais si elle devient pour le salut de l'âme un péril grave et prochain, elle n'est certainement pas hygiénique pour votre esprit et il est de votre devoir d'y renoncer. [...] Et si, pour un simple plaisir personnel, nul n'a le droit de mettre en péril la vie corporelle des autres, est-ce qu'il n'est pas encore moins permis de compromettre le salut, donc la vie même de leurs âmes ? Si, comme le prétendent certaines, une mode audacieuse ne produit sur elles aucune impression mauvaise, que savent-elles de l'impression que les autres en ressentent ? Qui les assure que les autres n'en retirent pas de mauvaises incitations ? [...] Oh ! combien justment on a observé que si certaines chrétiennes soupçonnaient les tentations et les chutes qu'elles causent chez les autres par leur toilette et les familiarités auxquelles, dans leur légèreté, elles accordent si peu d'importance, elles s'épouvanteraient de leur responsabilité !

        A quoi nous n'hésitons pas d'ajouter : Ô mères chrétiennes, si vous saviez quel avenir d'angoisses et de périls intérieurs, de doutes mal réprimés, de hontes mal contenues vous préparez à vos fils et à vos filles en les accoutumant imprudemment à vivre à peine couverts, en leur faisant perdre le sens délicat de la modestie, vous rougiriez de vous-même et vous redouteriez la honte que vous faites à vous-même et le tort que vous causez à ces enfants que le Ciel vous a confiés pour les élever chrétiennement. Et ce que nous dison aux mères, nous le répétons à nombre de femmes croyantes et même pieuses qui, en acceptant de suivre telle ou telle mode audacieuse, font tomber par leur exemple les dernières hésitations qui retiennent une foule de leurs soeurs loin de cette mode qui pourra devenir pour elles une cause de ruine spirituelle. Tant que certaines toilettes provocantes demeurent le triste privilège de femmes de réputation douteuse et comme le signe qui les fait reconnaître, on n'osera pas les adopter pour soi. Mais le jour où ces toilettes apparaissent portées par des personnes au-dessus de tout soupçon, on n'hésitera plus à suivre le courant, un courant qui entraînera peut-être aux pires chutes.

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

     

      

  • La prière en famille (2)

       Comme Tobie et Sara, vous connaissez Dieu, jeunes époux, Dieu qui fait toujours lever, voilé ou éclatant, son soleil sur votre matin. Pour pleines et encombrées que soient vos journées, sachez trouver au moins un instant pour vous agenouiller et pour commencer votre journée en élevant votre coeur vers le Père céleste, et en implorant son aide et sa bénédiction. Le matin, au moment où le travail quotidien vous réclame et vous sépare jusqu'à midi, peut-être même jusqu'au soir, lorsqu'après un rapide déjeuner vous échangez une parole ou un regard d'adieu, n'oubliez jamais de réciter ensemble ne fût-ce qu'un simple Notre Père ou Je vous salue, et de remercier le Ciel du pain qu'il vous a donné. La journée, longue et peut-être pénible, vous tiendra éloignés l'un de l'autre ; mais vous serez toujours, proches ou lointains, sous le regard de Dieu ; et peut-être même que vous élèverez vos coeurs ensemble en de pieux élans vers Dieu, en qui vous resterez unis et qui veillera sur vous et sur votre félicité.

       Et quand tombera le soir sur la dure besogne achevée et que vous vous réunirez au foyer pour goûter la joie d'une commune présence et deviser ensemble des événements du jour, vous donnerez à Dieu, dans ces moments si doux et si précieux d'intimité et de repos, la place qui Lui revient. N'ayez crainte : Dieu ne viendra pas vous importuner ni troubler la délicieuse intimité de vos entretiens ; au contraire, Dieu vous entend ; c'est lui qui vous a, dans son coeur, préparé et ménagé ces instants, et il vous donnera par sa présence de Père plus de tendresse et de réconfort.

       Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, nous vous en supplions, chers jeunes époux, ayez à coeur de garder cette belle tradition des familles chrétiennes : la prière du soir en commun. Elle réunit à la fin de chaque jour, pour implorer la bénédiction de Dieu et honorer la Vierge immaculée par le rosaire de ses louanges, tous ceux qui s'endormiront sous le même toit : vous deux, et puis, dès qu'ils auront appris de vous à joindre les mains, les petits que la Providence vous confiera, et enfin vos domestiques et collaborateur - si le Seigneur en a placés auprès de vous pour vous aider dans les travaux de la maison- car eux aussi sont vos frères dans le Christ et ont besoin de Dieu. Que si les dures et inexorables exigences de la vie moderne ne vous laissent pas le loisir de consacrer à la reconnaissance envers Dieu ces quelques minutes bénies, ni d'y ajouter, suivant une coutume aimée de nos pères, la lecture d'une brève vie de saint, du saint que l'Eglise nous propose comme modèle et protecteur spécial pour chaque jour, gardez-vous de sacrifier en entier, pour rapide qu'il doive être, ce moment qu'ensemble vous consacrez à Dieu, pour Le louer et pour Lui présenter vos désirs, vos besoins, vos peines et vos préoccupations.

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • La prière en famille (1)

       Nous avons brièvement commenté dans notre dernier discours aux jeunes époux les avis que saint François de Sales donne aux gens mariés. Sur la prière des époux, son pinceau a de délicieuses touches que nous voudrions aujourd'hui offrir à votre considération : "C'est la plus grande et fructueuse union du mari et de la femme que celle qui se fait en la sainte dévotion, à laquelle ils se doivent entreporter l'un l'autre à l'envi. Il y a des fruits, comme le coing, qui, pour l'âpreté de leur suc, ne sont guère agréables qu'en confiture ; il y en a d'autres qui, pour leur tendreté et délicatesse, ne peuvent durer, s'ils ne sont aussi confits, comme les cerises et abricots. Ainsi les femmes doivent souhaiter que leurs maris soient confits au sucre de la dévotion, car l'homme sans dévotion est un animal sévère, âpre et rude ; et les maris doivent souhaiter que leurs femmes soient dévotes, car sans la dévotion, la femme est grandement fragile et sujette à déchoir ou ternir en la vertu."

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII).

  • La chasteté conjugale

       Vous penserez peut-être que l'idée d'une pureté sans tache s'applique exclusivement à la virginité, idéal sublime auquel Dieu appelle non pas tous les chrétiens, mais seulement des âmes d'élite. Vous connaissez de ces âmes mais, tout en les admirant, vous n'avez pas cru que telle fût votre vocation. Sans tendre vers le sommet du renoncement total aux joies terrestres, vous avez, en suivant la voie ordinaire des commandements, le légitime désir de vous voir entourés d'une glorieuse couronne d'enfants, fruits de votre union. Et pourtant l'état de mariage, voulu par Dieu pour le commun des hommes, peut et doit avoir sa pureté sans tache.

       Est immaculé devant Dieu quiconque accomplit ses devoirs d'état avec fidélité et sans faiblesse. Dieu n'appelle pas tous ses enfants à l'état de perfection, mais Il invite chacun d'eux à la perfection de son état. "Soyez parfaits, disait Jésus, comme votre Père céleste est parfait" (Mt 5, 48). Vous connaissez les devoirs de la chasteté conjugale. Ils exigent un réel courage, héroïque parfois, et une confiance filiale en la Providence ; mais la grâce du sacrement vous a été donné précisément pour faire face à vos devoirs. Ne vous laissez donc pas dérouter par des prétexes trop en vogue et des exemples malheureusement trop fréquents.

       Ecoutez plutôt les conseils de l'ange Raphaël au jeune Tobie qui hésitait à prendre pour épouse la vertueuse Sara : "Ecoutez-moi, et je vous apprendrai quels sont ceux sur qui le démon peut prévaloir : ce sont ceux qui entrent dans le mariage en bannissant Dieu de leur coeur et de leur pensée" (Tb 6, 16-17). Et Tobie, éclairé par cette exhortation angélique, dit à sa jeune épouse : "Nous sommes les enfants des saints et nous ne pouvons pas nous unir comme les païens qui ignorent Dieu" (Tb 8, 5). N'oubliez jamais que l'amour chrétien a un but supérieur à une fugitive satisfaction.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII.)