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Les parents et les enfants (2ème partie)

   Si les ordres que vous donnez à vos enfants et les réprimandes que vous leur adressez procèdent des impressions du moment, d'un mouvement d'impatience, d'une imagination ou d'un sentiment aveugles ou irréfléchis, vos ordres ne manqueront point d'être la plupart du temps arbitraires, incohérents, injustes peut-être et inopportuns. Aujourd'hui, vous serez envers ces pauvres petits d'une exigence déraisonnable, d'une impitoyable sévérité ; demain, vous laisserez tout passer. Vous commencerez par leur refuser une petite chose, et, le moment d'après, fatigués de leurs pleurs ou de leur bouderie, vous la leur accorderez avec des démonstrations de tendresse, pressés d'en finir avec une scène qui vous irrite les nerfs.

   Pourquoi donc  ne savez-vous pas dominer les mouvements de votre humeur, mettre un frein à vos caprices, vous conduire vous-mêmes, alors que vous entrepenez de conduire vos enfants ? Ne vous sentez-vous pas entièrement maîtres de vous-mêmes ? Remettez à une heure plus opportune la réprimande projetée, la punition que vous croyez devoir infliger. La fermeté apaisée et tranquille de votre esprit donnera à votre parole eet au châtiment une tout autre efficacité, une influence plsu heureuse et plus d'autorité réelle que les éclats d'une passion indisciplinée.

  N'oubliez jamais que les enfants, même les plus petits, sont tout yeux à observer et à noter, et qu'ils remarqueront bien vite les changements de votre humeur. Dès le berceau, dès qu'ils parviendront à distinguer leur maman d'une autre femme, ils se rendront compte bien vite du pouvoir qu'exercent sur des parents faibles un caprice ou des pleurs et, dans leur innocente petite malice, ils ne craindront point d'en abuser.

  Gardez-vous donc de tout ce qui pourrait diminuer votre autorité auprès d'eux. Gardez-vous de gaspiller cette autorité par l'habitude des recommandations et observations continuelles et insistantes, qui finissent par les lasser ; ils feront la sourde oreille et n'y attacheront plus aucune importance. Gardez-vous de vous jouer de vos enfants et de les tromper en alléguant des raisons ou des explications fallacieuses et sans consistance, distribuées au hasard, pour vous tirer d'embarras et vous défaire de questions importunes. S'il ne vous paraît point opportun de leur exposer les vraies raisons d'un ordre ou d'un fait, il vaudra mieux pour vous faire appel à leur confiance en vous et à leur amour. Ne faussez point la vérité ; au besoin taisez-la ; vous ne soupçonnez peut-être pas les troubles et les crises qui peuvent s'élever dans ces petites âmes, le jour où elle viennent à connaître que l'on a abusé de leur crédulité naturelle.

    Gardez-vous aussi de laisser transparaître le moindre signe de désaccord, la moindre divergence de vues sur l'éducation de vos enfants : ils remarqueraient bien vite la possibilité de se servir de l'autorité de la mère contre l'autorité du père, ou du père contre la mère, et ils résisteraient difficilement à la tentation de profiter de cette désunion pour satisfaire toutes leurs fantaisies. Gardez-vous enfin d'attendre que vos enfants aient grandi en âge pour exercer sur eux votre autorité, avec bonté et avec calme, il est vrai, mais aussi avec fermeté et courage, et sans vous laisser fléchir par aucune scène de pleurs ou de colère : dès le début, dès le berceau, dès les premières lueurs de leur petite raison, faites en sorte qu'ils éprouvent et sentent sur eux des mains caressantes et délicates, mais sages aussi et prudentes, vigilantes et énergiques.

 

 

   Mais ne faut-il pas que l'amour s'accompagne du bon exemple ? Comment donc les enfants, par nature prompts à imiter, pourront-ils apprendre à obéir, s'ils voient leur mère en toute occasion ne faire aucun cas des ordres du père ou se plaindre de lui ? Comment les enfants apprendront-ils à obéir, s'ils entendent continuellement au foyer d'irrespectueuses critiques des autorités ? Comment apprendront-ils à obéir, s'ils constatent que leurs parents sont les premiers à manquer aux commandements de Dieu ou de l'Eglise ?

   Il faut, au contraire, qu'ils aient sous les yeux un père et une mère qui, dans leur manière de parler et d'agir, donnent l'exemple du respect des autorités légitimes et d'une constante fidélité à leurs propres devoirs. Un exemple si édifiant leur apprendra, avec plus d'efficacité que la plus étudiée des exhortations, la véritable obéissance chrétienne et la manière de la pratiquer à l'égard de leurs parents.

    Soyez bien persuadés, chers jeunes époux, que le bon exemple est l'héritage le plus précieux que vous puissiez donner et laisser à vos enfants. Il est le souvenir ineffaçable et lumineux d'un trésor d'oeuvres et de faits, de paroles et de conseils, d'actes pieux et de démarches vertueuses, qui restera toujours vivant dans leur mémoire et dans leur esprit ; souvenir émouvant et cher qui, aux heures de doute et d'hésitation entre le mal et le bien, entre le danger et la victoire, leur rappellera vos personnes. Aux heures troubles, quand le ciel s'assombrira, vous leur réapparaîtrez dans une vision de lumière qui éclairera et dirigera leur chemin ; elle leur rappellera la voie que vous avez parcourue dans le travail et les soucis, rançon du bonheur d'ici-bas et de là-haut.

(Le mariage chrétien, Pie XII)

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