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L'artisan du foyer (2ème partie).

   [...] Toute l'attitude du mari à l'égard de son épouse doit s'inspirer sans cesse d'une cordialité empressée, naturelle, noble et digne qui convient à un homme intègre et craignant Dieu, à un homme conscient de l'inestimable influence qu'exerce sur l'éducation des enfants la bonne entente vertueuse et délicate des époux. L'exemple du père a beaucoup de puissance sur les enfants : c'est pour eux une vivante et pressante invitation à entourer leur mère, et leur père lui-même, de respect, de vénération et d'amour.

   Cependant, la coopération de l'homme au bonheur du foyer domestique ne saurait s'arrêter ou se limiter à de respectueux égards envers sa compagne de vie : il faut encore qu'il sache voir, apprécier et reconnaître l'oeuvre et les efforts de celle qui, silencieuse et assidue, se dévoue à rendre la commune demeure plus confortable, plus charmante, plus gaie. Avec quels soins affectueux cette jeune femme n'a-t-elle pas tout disposé pour fêter, aussi joyeusement que le permettent les circonstances, l'anniversaire du jour où elle s'est unie devant l'autel à celui qui devenait son compagnon de vie et de bonheur, et qui va maintenant rentrer du bureau et de l'usine ! [...] Mais voici que l'homme, épuisé par de longues heures d'un travail plus fatigant peut-être que d'habitude, agacé par des contrariétés imprévues, rentre plus tard que de coutume, sombre, préoccupé d'autres pensées. Les paroles de joie et d'affection qui l'accueillent tombent dans le vide et le laissent muet ; il ne semble rien remarquer sur la table que sa femme a ornée avec amour. Il ne s'aperçoit que d'une chose : un plat, apprêté cependant pour lui faire plaisir, est resté trop longtemps au feu, et voilà qu'il se plaint, sans songer que c'est la longue attente, son propre retard, qui en est la cause. Il mange à la hâte, parce que, dit-il, il doit sortir tout de suite. La pauvre jeune femme avait rêvé d'une douce soirée passée côte à côte dans la joie, une soirée toute pleine de souvenirs, et le repas est à peine finie qu'elle se retrouve seule dans les chambres désertes : elle a besoin de toute sa foi, de tout son courage, pour refouler les larmes qui lui montent aux yeux.

   [...] Sans doute, le mari pourra-t-il faire valoir comme excuse l'accablante fatigue d'une journée de travail intense, aggravée par les contrariétés et les ennuis : croit-il toutefois que sa femme ne ressente jamais de fatigue, n'éprouve jamais de déplaisir ?

  L'amour véritable et profond des époux devra se montrer dans l'un et l'autre plus fort que la fatigue et les déplaisirs, plus fort que les événements et les contrariétés de chaque jour, plus fort que les changements de temps et de saison, plus fort que les variations d'humeur et les malheurs inattendus. Il faut se dominer soi-même, il faut dominer les événements sans se laisser influencer ni ballotter par eux. [...] Quand donc maris, vous vous retrouverez à la maison, où la conversation et le repos restaureron vos forces, ne vous attachez pas à voir et à rechercher les petits défauts inévitables en toute oeuvre humaine. Regardez plutôt toutes les bonnes choses, grandes ou petites, qui vous sont  offertes comme le fruit de pénibles efforts, de soins diligents, d'affectueuses attentions féminines qui vont faire de votre demeure, même modeste, un petit paradis de bonheur et de joie. Ne vous contentez point de considérer ces bonnes choses et de les aimer dans le secret de votre pensée et de votre coeur : témoignez votre reconnaissance à celle qui n'a ménagé aucun effort pour vous les procurer et qui ne trouvera pas de meilleure ni plus douce récompense que l'aimable sourire, la parole gracieuse, les regards d'attention et de complaisance qui lui traduiront votre gratitude.

 

(Le mariage chrétien, Pie XII)

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