Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Michel TOURNIER - Le roi des Aulnes

Ce livre est symbolique. Il a été adapté en film par Volker Schlöndorff. Film assez neutre, montrant un personnage un peu simple et étrange, qui se retrouve par les coups du hasard parmi les adultes choisissant les jeunes élus devant poursuivre leur éducation dans un camp de jeunesse nazi. Le personnage principal meurt dans le lit d'un cours d'eau en sauvant sur ses épaules un petit garçon juif qui avait trouvé refuge dans le grenier du camp nazi. Voilà pour l'intrigue générale du livre, à laquelle se borne le film.

Et c'est bien là que se trouve le problème. L'auteur est connu (par ex. "Vendredi ou la vie sauvage"). Des parents connaissant le film, de visu ou par ouï-dire, trouveront tout-à-fait positif qu'un de leurs enfants se plonge dans la lecture d'une aventure un peu originale, et qui se termine en acte de bravoure.

Mais le livre est beaucoup plus complexe que cela. Abel Tiffauges, garagiste de son état, a une personnalité torturée. Quitté par sa maîtresse, il va se prendre de « passion » pour les enfants, restant des heures à les observer et même enregistrer leurs jeux dans la cour de l'école. Il finira par proposer à une enfant de la ramener chez elle... L'enfant en question terminant agressée entre le lieu où il la dépose et son domicile, a priori non par lui, mais elle le désigne comme coupable. Dès le départ, une sensation étrange s'empare du lecteur autour de cette « passion »... décrite de façon non perverse, mais... qui ne laisse pas paisible. Nous passerons rapidement sur les différentes étapes du développement de la personnalité du personnage, des considérations philosophiques sur les excréments aux fortes évocations symboliques liées aux relations humaines, aux mythes germaniques (certes amenées de façon parfois très subtile et profonde).

L'ensemble laisse un arrière-goût glauque au lecteur catholique. La fascination pour la petite du début finit dans le camp nazi dans des descriptions attentives et tout aussi fascinées des jambes des jeunes garçons. Et l'apothéose en sauvetage du petit Juif ne suffit pas à balayer le malaise produit par des évocations, certes très subtilement dosées, mais qui demeurent dérangeantes tout au long du livre. En aucun cas à mettre dans les mains d'un adolescent, voire d'un catholique. Tout y est très subtil, mais fondamentalement... malsain.

Les commentaires sont fermés.