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Les enfants

  • La famille nombreuse (2ème partie)

       Mais Dieu visite aussi les familles nombreuses avec les gestes de sa Providence, à laquelle les parents, spécialement ceux qui sont pauvres, rendent un témoignage évident, du fait qu'ils mettent en elle toute leur confiance. [...] Confiance bien fondée et nullement vaine ! [...] Dieu ne refuse pas les moyens de vivre à celui qu'il appelle à la vie. Le divin Maître a explicitement enseigné que "la vie vaut plus que la nourriture du corps et le corps plus que le vêtement" (Mt 6, 25).

    [...]

       Les familles nombreuses sont les corbeilles les plus splendides du jardin de l'Eglise, dans lesquelles, comme sur un terrain favorable, fleurit la joie et mûrit la sainteté. [...] Tout noyau familial, même le plus restreint, est dans les intentions de Dieu une oasis de sérénité spirituelle. Mais il existe de profondes différences : là où le nombre des enfants ne dépasse guère celui de l'enfant unique, cette sérénité intime [...] comporte alors en elle quelque chose de mélancolique et de pâle ; elle est de plus brève durée, peut-être plus incertaine [...]. En revanche, la sérénité d'esprit est différente chez les parents entourés d'une vigoureuse floraison de jeunes vies. La joie, fruit de la bénédiction surabondante de Dieu, se manifeste de mille manières, par une permanence stable et sûre.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • La famille nombreuse (1ère partie)

       Une famille nombreuse bien ordonnée est comme un sanctuaire visible : le sacrement du baptême n'est pas pour elle un événement exceptionnel, mais renouvelle plusieurs fois la joie et la grâce du Seigneur. La série des joyeux pèlerinages aux fonts baptismaux n'est pas encore terminée que commence, resplendissante d'une égale candeur, celles des confirmations et des premières communions. A peine le plus petit des enfants a-t-il déposé son petit vêtement blanc parmi les plus chers souvenirs de sa vie qu'apparaît déjà le premier voile nuptial, qui réunit au pied de l'autel parents, enfants et nouveaux parents. Comme des printemps renouvelés, d'autres mariages, d'autres baptêmes, d'autres premières communions se succèderont, perpétuant pour ainsi dire dans la maison les visites de Dieu et de sa grâce.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Les petites vertus du foyer (13ème partie)

    La petite vertu de persévérance.

     

       [...] L'important est que dans la poursuite de l'idéal chrétien, vous soyez décidés à vouloir toujours et à recommencer chaque jour.

     

       [...] N'imitons pas le petit enfant qui, après avoir semé des graines dans un coin du jardin, s'impatiente de ne pas voir l'herbe apparaître. [...] Ce n'est pas du jour au lendemain qu'on devient vertueux, et encore moins un saint ; pareille entreprise requiert le travail ininterrompu de nombreuses années. Sachons attendre. [...]

     

       Lorsque vous découvrez que le terme de la perfection est plus loin que vous ne l'aviez supposé, c'est une preuve que vous avancez. En réalité, vous ne vous contentez plus d'une vertu médiocre, ce qui est un signe manifeste de progrès. Par le fait même que vous vous élevez dans le bien, vous placez de plus en plus haut en idéal. [...]

       Le progrès s'inscrit rarement comme une ligne droite toujours ascendante, mais plutôt comme une ligne sinueuse, avec ses hauts et ses bas, et qui au total s'élève insensiblement. [...] Persévérer n'implique pas qu'on ne tombe jamais, mais qu'on se relève toujours. [...]

     

       Chaque jour nous pouvons faire un peu mieux : c'est dans ce petit peu de chaque jour que réside le progrès. [...]

       Recommencez chaque jour, les yeux fixés sur Jésus, notre modèle et notre secours.

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (12ème partie)

    La petite vertu de patience.

     

       Voulez-vous aussi épargner à votre foyer les catastrophes causées par des disputes sans fin, mettez le pied sur l'allumette qui s'enflamme, je veux dire réprimez tout de suite le mouvement d'impatience qui vous ferait prononcer une parole malheureuse ou accomplir un geste maladroit.

       Vous me répondrez que le propre de l'impatience est justement de n'être pas réfléchie. Une fois lâché le mot qu'il ne fallait pas dire, impossible de le rattraper. [...] Et des époux, des parents, des enfants vont se causer mutuellement de la peine en s'assenant des choses désagréables qui dépassent leurs pensées et ne correspondent pas à leurs véritables sentiments. Tout cela à cause d'une légère impatience. [...]

      

       Etre patient, c'est conserver l'empire sur soi-même. Les êtres susceptibles ou violents ne se possèdent pas. Si leurs emportements ne sont pas occasionnés par une déficience physique, ils sont l'indice d'une faiblesse de la volonté. [...]

     

       "Appliquez-vous à penser aux autres avant de penser à vous, et vous réprimerez bien des mouvements d'impatience. Dites-vous : ceux que j'aime ont leurs manies et leurs travers qui m'agacent. [...] Mais ceux qui m'entourent ont aussi leurs soucis et leurs ennuis, et peut-être aussi graves que les miens. Qui sait si, au moment où ils me dérangent, ils n'ont pas plus besoin de moi, que je n'ai besoin de ma tranquilité ? Pourquoi vivons-nous ensemble si ce n'est pour nous entraider ? [...] Allons, si je pensais moins souvent à moi et plus souvent aux autres, je me montrerais plus patient." [...]

     

       Nous serons patients si nous savons nous taire et si nous savons attendre. Afin d'apprendre à nous taire lorsqu'il n'est pas expédient de parler, appliquons-nous en tout temps à ne pas parler trop tôt. Laissons les autres achever d'exprimer leurs pensées sans leur couper la parole ; prenons ensuite quelques instants avant de répondre. [...] Puisqu'il faut être deux pour se disputer, la sagesse est de n'être pas le second. [...]

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (11ème partie)

    La petite vertu de diligence.

     

       [...] La vertu de diligence consiste à aimer son travail, à le faire avec entrain, allègrement et de son mieux. [...] 

     

       Dieu, vous ne l'ignorez pas, plaça Adam dans le jardin d'Eden pour qu'il l'entretint par son travail. L'homme a été créé pour travailler, sa plus grande joie sera d'inventer dans son esprit, de fabriquer de ses mains, de produire une oeuvre dans laquelle il incarnera sa pensée créatrice. Dieu nous charge de continuer Sa création, qu'Il a laissée volontairement inachevée. Au tour de l'homme d'embellir l'univers. [...]

     

      Il nous plairait de tout voir, de tout apprendre, de pouvoir pratiquer toutes les professions. Hélas ! plusieurs existences n'y suffiraient pas. Mieux vaut ne connaître qu'une science et la bien connaître, réussir dans un art plutôt que d'être médiocre en plusieurs.

       Ce qui importe, c'est d'être versé dans toutes les connaissances qu'exige notre état, afin de bien remplir toutes nos fonctions. [...]

       Il ne faut omettre les travaux pour lesquels vous éprouvez un peu de répugnance, ni inventer des devoirs supplémentaires qui vous feraient négliger vos devoirs réels.

     

       Enfin, accomplissons toutes nos tâches de notre mieux, afin de ressembler entièrement à Jésus qui a bien fait toutes choses. Se débarrasser d'une besogne n'est pas digne d'un homme qui se respecte, et ceux à qui on présente un travail qui n'est "ni fait ni à faire" sont en droit de penser qu'on les estime peu. Quelqu'oeuvre qu'on entreprenne, il faut vouloir qu'elle soit belle. [...]

     

       Le vrai travailleur ne se préoccupe pas d'avoir fini au plus tôt, il se soucie de produire une oeuvre qui soit "finie", sans défaut, et aussi parfaite que possible. [...] N'abandonnons un ouvrage que lorsqu'il n'y a plus un seul détail à y retoucher. [...]

     

       Heureux ceux qui peuvent s'en aller vers le grand repos, avec la conscience d'avoir accompli et bien accompli l'oeuvre de leur vie !

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

     

     

  • Les petites vertus du foyer (10ème partie)

    La petite vertu d'exactitude.

     

       L'inexactitude implique un manquement à la charité et souvent à la justice envers le prochain. [...]

     

       S'il est inconvenant de faire attendre un supérieur, faire attendre un inférieur est une désinvolture toujours blessante. En tout cas, le retardataire fait perdre à ceux qui l'attendent un temps qu'ils auraient pu mieux utiliser. [...]

       Il entre dans l'inexactitude une forte dose d'égoïsme qui devrait nous donner à réfléchir. Et puisqu'il nous est si désagréable d'attendre, appliquons-nous à ne point faire attendre les autres. [...]

     

      Mais si le retardataire porte préjudice à ses semblables, il se cause un grand tort à lui-même. Ses inexactitudes sont la preuve qu'il est incapable de s'imposer une discipline, soit qu'il traîne et gaspille son temps, soit qu'il veuille faire plus de choses qu'il ne le peut. [...] Le temps est la plus précieuse des richesses que Dieu a mises à notre disposition et il nous demandera compte de l'usage que nous en aurons fait : il n'en faut donc rien perdre ; mais Dieu a fixé aussi le rythme du temps et nous devons en respecter la marche. [...] Si l'on prétend expédier en vingt minutes une besogne qui en réclame le double, le travail sera bâclé, l'ouvrage mal fait : on devra recommencer et, pour avoir voulu gagner du temps en allant trop vite, on se sera finalement mis en retard.

     

       Nous serons exacts si nous évitons ces deux travers. Et d'abord les pertes de temps. [...] En ne perdant pas de temps, nous pouvons apprendre et faire beaucoup de choses, et du même coup nous évitons la précipitation, cet autre ennemi de l'exactitude. Organisons nos journées sans les congestionner, en prévoyant même la part de l'imprévu. [...]

     

       Le surmenage et l'éparpillement nuisent à la qualité de l'action. Beaucoup croient agir quand ils ne font que s'agiter ; ils disent qu'ils abattent du travail, mais, triste retour des choses, l'excès de travail les abat à leur tour. Réservons-nous chaque jour des moments de détente ; ce ne sont pas des minutes perdues, surtout quand on les consacre à converser et à se divertir en famille. [...]

     

       Gratry [...] écrivait : "Nous sommes stériles faute de repos plus encore que de travail... Le repos pour le corps, c'est le sommeil... Le repos pour l'esprit et l'âme, c'est la prière." Le temps accordé à la prière n'est pas non plus du temps perdu. Celui-là, on l'a vite regagné. En nous plaçant chaque jour devant Dieu nous comprenons mieux la valeur du temps et nous apprenons à remplir notre tâche avec exactitude.

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (9ème partie)

    La petite vertu d'économie.

     

       La vertu d'économie consiste à s'efforcer de ne rien perdre et de tirer de toute chose le meilleur emploi possible. [...]

     

       [...] Notre-Seigneur en personne nous a prêché l'économie [...] après la première multiplication des pains. [...] "Ramassez, leur dit-il, les morceaux qui restent, afin que rien ne soit perdu." Effectivement, les reliefs ainsi rassemblés remplirent douze couffins. Le déjeuner du lendemain, en somme. La précaution n'avait pas été inutile. [...]

       On peut donc être à la fois généreux et économe ; il faut même être économe afin de pouvoir se montrer généreux. De plus, Jésus nous signifie que les dons de Dieu, même les plus inattendus, ne doivent pas nous rendre passifs. [...] Nous recevons de Lui tant de biens [...]. Le bon rendement de notre activité et l'aisance du foyer nous commandent de n'en rien gaspiller et d'utiliser au mieux nos moindres ressources. [...]

     

       Certes, il est présentement malaisé d'établir un budget, même celui d'une famille. Ici encore l'économie ne va pas à serrer impitoyablement les cordons de la bourse, mais à ordonner sagement les dépenses, en rognant sur l'accessoire pour s'assurer le principal. Si j'avais voix au chapitre en cette matière, je dirais au mari : "Donnez à votre femme un peu plus qu'elle ne vous demande", et à la femme : "Dépensez toujours moins que vous ne comptiez le faire." Voilà qui rétablira l'équilibre et qui sauvegardera la paix du ménage. [...]

     

       Celui qui dépense à tort et à travers ne nuit pas seulement à ses propres intérêts, il fait du tort aux autres, en anéantissant ce qui pourrait [...] servir à quelqu'un. Si l'Evangile nous commande l'économie, c'est avant tout pour augmenter nos moyens de venir en aide à de moins favorisés que nous.

      

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

     

     

  • Les petites vertus du foyer (8ème partie)

    La petite vertu de bienveillance.

     

       Les foyers vraiment chrétiens sont ceux où l'on ne dit pas de mal des absents et où tout le monde est sûr de recevoir un bon accueil.

       La bienveillance consiste d'abord à porter sur autrui des jugements empreints de charité, à ne point diminuer ses mérites, à se réjouir sincèrement de ses vertus et de ses succès, même lorsqu'il réussit là où nous avons échoué. La bienveillance nous fait accorder aux autres le préjugé favorable. [...]

       Au lieu de relever chez les autres l'ombre qui atténue l'éclat de leurs qualités, rappelons-nous qu'il n'y aurait pas d'ombre s'il n'y avait pas de soleil et obstinons-nous à considérer ce qu'ils ont de bon et ce qu'ils font de bien. [...]

     

       [...] Nous aimons tant la maison où, autour de la table familiale, la réputation du prochain n'est jamais ternie. Pour cette raison aussi on y est toujours bien accueilli. [...]

       D'emblée le chrétien beinveillant entre dans les préoccupations de celui qui l'aborde. Il possède l'art merveilleux, dont parle saint Paul, de se réjouir avec ceux qui sont dans la joie et d'être personnellement affligé de la peine de ceux qui souffrent. Il se fait tout à tous.

       Ecoutons patiemment ceux qui se confient à nous. [...] Sans doute devez-vous ménager votre temps : il faudra parfois abréger le discours  du visiteur, mais vous le ferez avec tant de simplicité et d'amitié qu'il sentira que néanmoins vous l'avez compris. En vous quittant il partira meilleur et plus courageux.

       Se faire tout à tous n'implique pas qu'on se mêle de tout pour régenter tout le monde [...]. Le bienveillant [...] est seulement au service de quiconque a besoin de lui et il s'efforce de l'aider dans la mesure de ses moyens.

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (7ème partie)

    La petite vertu de bonne humeur.

     

       Il est vrai que des influences extérieures modifient l'aspect de notre caractère. [...] En présence de quelqu'un qui est de mauvaise humeur, il est charitable de lui accorder le bénéfice de ces circonstances atténuantes. [...] En effet il est peut-être malade ou seulement fatigué, ou bien ses affaires marchent mal, ou hélas ! il souffre d'une blessure morale qu'il serait cruel d'aggraver de vos reproches !

       Quant à nous, lorsque nous ne nous sentons pas dans notre assiette, efforçons-nous de reconquérir notre sérénité, car il est rarement impossible de réagir contre des causes extérieures de mécontentement. On peut chanter quand il pleut, on peut dominer sa lassitude (ou s'accorder quelque repos), on peut dissimuler ses soucis afin de ne pas contrister les autres. [...]

     

       Notre humeur n'est pas seulement le reflet du ciel ou nuageux ; elle est aussi le reflet de notre âme qui a ses hauts et ses bras, ses élans et ses dépressions, mais que nous pouvons contenir ou corriger. [...]

       La bonne humeur jaillit d'une conscience pure et d'un coeur généreux. Il reste à la développer à l'aide d'un double exercice. Habituons-nous à voir le bon côté des choses et les beaux côtés des gens. [...]

     

       Toutes choses ont leurs inconvénients et leurs bons côtés : regardons d'abord les bons côtés et nous viendrons plus aisément à bout des inconvénients.

       Adoptons la même tactique à l'égard de nos semblables. Abordons-les par leurs beaux côtés. [...]

     

       Au demeurant, la bonne humeur ne doit pas être confondue avec la manie de plaisanter à tout propos. Plus que dans des éclats de rire souvent forcés, elle se reconnaît au sourire.

       Elle reste toujours gracieuse et c'est ce qui la rend agréable et bienfaisante.

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (6ème partie)

    La petite vertu d'espérance.

     

       Espérer, ce n'est pas être sûr du lendemain, c'est avoir confiance aujourd'hui, non pas confiance dans les événements imprévisibles, mais en Dieu qui les dirige et qui nous aime. [...] 

       Et Jésus nous trace notre règle de conduite en une formule devenue proverbiale : "Ne vous inquiétez pas du lendemain. Demain prendra soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine."

       Voici l'espérance selon l'Evangile : elle ne se fonde pas sur l'impossible sécurité du lendemain, mais elle nous procure la paix dans l'insécurité de tous les jours. C'est aujourd'hui que nous espérons, sans rien savoir de ce que demain nous réserve : notre sécurité réside dans la certitude que Dieu nous aime ; c'est en Lui que nous espérons. [...]

     

       Aujourd'hui, nous pouvons conjurer les maux de demain qui résulteraient de nos imprudences : demain, ce serait trop tard. Aujourd'hui nous pouvons peser les conséquences de nos actes. Demain, il n'y aura plus qu'à les subir. [...]

       A chaque jour suffit sa peine. Que Dieu est bon de nous avoir caché l'avenir ! Si nous connaissions l'épreuve qui nous attend dans les jours qui viendront, son poids nous effraierait et nous écraserait d'avance. Chargeons-nous seulement du fardeau d'aujourd'hui, il est à la mesure de nos épaules. Demain aura soin de lui-même. Dieu nous donnera demain de nouvelles forces pour faire face aux difficultés nouvelles qui nous sont inconnues.

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer. (5ème partie)

    La petite vertu de discrétion.

     

       La vertu de discrétion consiste premièrement à ne pas vouloir tout connaître, et deuxièmement à savoir ne pas tout dire. [...]

     

       Il est trop clair qu'on ne doit pas la vérité à ceux qui n'y ont pas droit, et qui pourraient, au surplus, faire un mauvais usage de la réponse qu'ils vous auraient arrachée. [...]

        Mais voici un cas plus délicat. Est-ce qu'au même foyer on peut avoir des secrets les uns pour les autres ? Je réponds que chacun y est obligé de respecter la vie personnelle des autres et de ne pas tenter d'en forcer l'accès. [...]

       Est-il nécessaire d'ajouter que si les confidences ne se cherchent pas, c'est ensuite un devoir de les garder jalousement pour soi ? [...]

      

       La discrétion oblige à discerner le vrai du faux dans l'histoire qu'on nous a racontée ; dans l'incertitude, ne la répétons pas ; renonçons plutôt à faire rire au détriment de la vérité et aux dépens des autres. [...]

     

       Enfin, la vertu de discrétion nous commande de ne pas dire aux autres ce qui leur causerait inutilement de la peine. Remarquez l'adverbe "inutilement". Les parents doivent reprendre un enfant coupable ; entre frères et soeurs, on peut se signaler mutuellement ses défauts : cela fait partie de l'éducation. [...] Mais le reproche sera plus efficace et moins humiliant s'il est fait en particulier. Jésus en personne nous en donne le conseil : "Si ton frère commet une faute, va le trouver et reprend-le seul à seul."

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (4ème partie)

    La petite vertu de sincérité.

     

       Là où sévit le mensonge, il y a peut-être encore les apparences d'un foyer, mais les murs en sont lézardés et la ruine, hélas ! est prochaine. On ne peut pas s'aimer en dehors de la vérité, et, dans le langage de l'affection, le mensonge est ni plus ni moins une trahison. [...]

       La sincérité porte sur ce que nous pensons et sur ce que nous faisons. [...]

       La charité ne vous contraint pas à adopter une opinion que vous ne partagez point, elle veut seulement que vous ne blessiez pas les autres en émettant un avis différent du leur. [...]

       Il faut un fier courage pour ne pas accentuer ce qui nous met en valeur ou ne pas atténuer ce qui nous est défavorable. Mais grossir la vérité ou la rogner adroitement, c'est toujours l'altérer. [...]

       Enfin le silence peut, lui aussi, témoigner contre la vérité. [...] Si vous décidez que vos activités n'intéressent pas les autres ou qu'ils n'ont rien à y voir [...], vous créez à l'intérieur du foyer des zones femées où l'individualisme ronge peu à peu les liens de la communauté familiale. [...] L'heure n'est peut-être plus éloignée où ce silence favorisera la dissimulation de sentiments et d'actions [...]. Insensiblement on a franchi la pas, on est entré dans le mensonge.

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (3ème partie)

    La petite vertu de gratitude.

     

       Notre mémoire est singulièrement capricieuse, à moins que ce soit notre coeur. Si nous oublions une amabilité dont nous avons été l'objet, avec quelle précision nous retenons le souvenir d'un manque d'égards ou d'un mot blessant !" [...] Le souvenir des bienfaits rendus est plus tenace que celui des bienfaits reçus. [...]

       Merci, ce tout petit mot joyeux qui se termine sur une sonorité cristalline, c'est le mot magique qui introduit au foyer la courtoisie, le bon ordre et la sérénité.

       Merci, c'est déjà la prière qui d'un foyer chrétien s'élève vers Dieu pour lui rendre grâces. [...]

       Avant de vous endormir, repassez quelquefois dans votre esprit tout ce que, dans la journée qui s'achève, vous avez reçu des autres. [...] Même si vous limitez ce calcul aux membres de votre famille, vous serez littéralement émerveillés de tout ce qu'en un seul jour vous recevez d'eux. [...] Et voilà de quoi engager à n'être pas toujours celui qui reçoit. [...]

       Mais en attendant l'occasion de les servir avec autant de générosité, ne manquez pas celle de leur dire merci lorsqu'elle se présente. [...] A lui seul ce petit mot récompense de toutes les peines ; [...] il rend heureux celui qui le dit et celui à qui on l'adresse. [...]

       La petite vertu de gratitude est la preuve d'une grand coeur. Même envers celui qui est maladroit ou qui se trompe, du moment qu'il a bonne volonté, soyez reconnaissant au moins de son intention.

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (2ème partie)

    La petite vertu d'effacement.

       L'humilité ne consiste pas à se cacher pour ne rien faire, mais à ne pas s'admirer quand on a fait le plus et le mieux possible. [...] On ne saurait être à la fois spectateur et acteur ; on ne peut pas se mettre à la fenêtre pour se voir passer dans la rue. [...]

       Non seulement la petite vertu d'effacement ne nous diminue pas, mais elle présente un autre aspect sous lequel elle s'apparente à la charité. [...] Cherchons toujours à reconnaître les qualités des autres et effaçons-nous loyalement devant leur supériorité. [...]

       La bonne entente sera toujours mieux assurée au foyer lorsque chacun se proposera de faire plaisir aux autres. [...] Dans les foyers chrétiens, l'ordre égoïste est renversé : "Les autres d'abord ; moi ensuite." On trouve son bonheur à rendre les autres heureux. [...] Dans une famille où tout le monde s'efforce de pratiquer la vertu d'effacement, nul n'est sacrifié. On n'a plus besoin de penser à soi, les autres y pensent avant vous. Nul n'est oublié lorsque chacun s'oublie pour les autres.

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (1ère partie)

    La petite vertu de courtoisie

     

       Petite courtoisie, basse vertu, mais marque d'une bien grande... Et il faut s'exercer aux petites vertus, sans lesquelles les grandes sont souvent fausses et trompeuses. [...]

       Mais si, pour la plupart des hommes, le temps réservé à la prière est forcément très court en regard de leurs autres occupations, n'oublions pas que nous vivons toute la journée sous le regard de Dieu, et que nous lui devons constamment l'hommage de notre obéissance, cet hommage se traduisant par l'offrande explicite de toutes nos activités. [...]

       En règle générale, un chrétien ne se dérobe pas devant les vertus difficiles et l'ocassion ne s'en présente que par intermittence. En revanche, la vie familiale implique quantité de petits devoirs qu'on néglige souvent, ou parce qu'ils sont très nombreux, ou parce qu'ils ne semblent pas très importants. Ils le sont néanmoins. [...]

        Quel charmant intérieur que celui où tous s'efforcent de se montrer polis et avenants. [...] Mais voilà, la politesse est assez souvent considérée comme un article d'exportation. [...]

       Votre foyer sera un foyer chrétien si déjà tous y rivalisent d'égards les uns pour les autres. [...] Bannissez de votre vocabulaire et de vos attitudes les rudesses qui n'expriment pas les vrais et profonds sentiments d'affection que vous éprouvez les uns pour les autres.

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • La part de Dieu

       Pensez-y, bien-aimés fils et filles, c'est dans la famille chrétienne, établie selon la volonté de Dieu sur l'union légitime de l'homme et de la femme, que le Christ et l'Eglise universelle choisissent les ministres et les apôtres de l'Evangile, les prêtres et les hérauts qui paissent le peuple chrétien et qui traversent les océans pour aller illuminer et sauver les âmes. Que ferez-vous, si le divin Maître vient à vous demander la "part de Dieu", l'un ou l'autre des fils ou des filles qu'il aura daigné vous accorder, pour en faire son prêtre, son religieux ou sa religieuse ? Que répondrez-vous, lorsque vous recevrez les confidences filiales et qu'ils vous manifesteront les saintes aspirations que suscite en leur coeur la voix de celui qui murmure avec amour : Si vis, "Veux-tu ?" Nous vous supplions, au nom de Dieu, ne fermez pas alors cette âme, par un geste brutal et égoïste, à l'accueil et à l'acceptation de la voix divine. Vous ne connaissez point les aurores et les couchers de soleil divin sur le lac d'un jeune coeur, ses angoisses et ses soupirs, ses désirs et ses espérances, ses flammes et ses cendres. Le coeur a des abîmes insondables même à un père et à une mère. [...]

       Sans doute, lorsqu'ils découvrent en leur enfant un désir de vie sacerdotale ou religieuse, les parents ont le droit, et même dans certains cas le devoir, de s'assurer qu'il n'agit point simplement sous l'influence de l'imagination, sous l'influence d'un coeur qui rêve de s'évader du foyer, mais à la suite de réflexions sérieuses, mûries, surnaturelles, qui ont été examinées et approuvées par un sage et prudent confesseur ou directeur spirituel. Cependant, ce serait lutter contre les desseins de Dieu que de vouloir imposer des retards arbitraires, injustes, déraisonnables à la réalisation de ce désir ; à plus forte raison, si l'on prétendait en tenter, en contrôler la solidité et la fermeté par des épreuves inutiles, dangereuses, téméraires, qui risqueraient non seulement de décourager la vocation, mais de mettre en péril le salut de l'âme.

    Si Dieu vous fait un jour l'honneur de vous demander un de vos fils ou une de vos filles pour son service, [...] sachez donc apprécier la valeur et le privilège d'une telle grâce [...].

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • L'éducation (5ème partie)

       Mais, dira peut-être quelque mère de famille, les enfants d'aujourd'hui sont si difficiles à gouverner ! Avec mon fils, avec ma fille, il n'y a rien à faire, on ne peut rien obtenir. C'est vrai ; à douze ou quinze ans, beaucoup de garçons et de filles se montrent intraitables. Mais pourquoi ? Parce que, quand ils avaient deux ou trois ans, tout leur fut accordé et permis, tout leur fut passé comme bon. Il y a, il est vrai, des tempéraments ingrats et rebelles ; mais quel petit, fermé, têtu, insensible, cesse en raison de ces défauts d'être votre enfant ? L'aimeriez-vous moins que ses frères s'il était infirme ou estropié ? Dieu vous l'a confié aussi ; gardez-vous de le laisser devenir le rebut de la famille. Personne n'est si farouche qu'il ne s'adoucisse grâce aux soins, à la patience, à l'affection ; bien rare sera la cas où, sur ce terrain rocailleux et sauvage, vous ne réussirez pas à faire naître quelque fleur de soumission et de vertu, pourvu que vous ne risquiez pas de décourager dans cette petite âme orgueilleuse, par des sévérités partiales et déraisonnables, le fond de bonne volonté cachée en elle. Vous dénatureriez toute l'éducation de vos enfants, si jamais ils découvraient chez vous (et Dieu sait qu'ils ont des yeux pour être capables de le faire) des prédilections pour des frères, des préférences dans les faveurs, des antipathies à l'égard de l'un ou de l'autre ; pour votre bien et celui de la famille, il est nécessaire que tous sentent, que tous voient dans vos sévérités pondérés comme dans vos doux encouragements et dans vos caresses, un égal amour qui ne fait pas de distinction entre eux, sinon pour corriger le mal et pour promouvoir le bien ; ne les avez-vous pas reçus également tous de Dieu ?

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • L'éducation (4ème partie)

       Eduquez le coeur. Quels destins, quelles dépravations, quels périls préparent trop souvent dans le coeur des enfants qui grandissent les admirations béates et les louanges, les sollicitudes imprudentes, les fades condescendances de parents aveuglés par un amour mal compris, qui habituent ces petits coeurs volages à voir toute chose se mouvoir et graviter autour d'eux, se soumettre à leurs volontés et à leurs caprices, et greffer ainsi en eux la racine d'un égoïsme effréné, dont les parents eux-mêmes seront plus tard les premières victimes ! Punition non moins fréquente que juste de ces calculs égoïstes qui poussent à refuser à un fils unique la joie de petits frères qui, participant avec lui à l'amour fraternel, l'auraient détourné de penser seulement à lui. [...]

     

       Mais poindra le jour où ce coeur d'enfant sentira en lui de nouvelles impulsions, de nouvelles inclinations qui troubleront le beau ciel du premier âge. Dans cette épreuve, rappelez-vous, ô mères, qu'éduquer le coeur c'est éduquer la volonté, pour qu'elle s'oppose aux pièges du mal et aux embûches des passions ; dans ce passage à la pureté consciente et victorieuse de l'adolescence, votre rôle est capital. Il vous appartient de préparer vos fils et vos filles à traverser avec hardiesse, comme celui qui passe au milieu des serpents, cette période de crise et de transformation physique sans rien perdre de la joie de l'innocence, mais en conservant ce naturel et spécial instinct de pudeur dont la Providence veut entourer leur front, comme un frein imposé aux passions trop portées à dépasser la mesure et à s'égarer. Ce sentiment de pudeur, frère plein de suavité du sentiment religieux, dans sa modestie spontanée, auquel on pense peu aujourd'hui, vous éviterez qu'il soit enlevé à vos enfants par le vêtement, par la façon de s'habiller, par une familiarité peu bienséante, par les spectacles et les représentations immorales ; au contraire, vous le rendrez toujours plus délicat et vigilant, sincère et pur. Vous tiendrez les yeux ouverts sur leurs démarches : vous empêcherez la candeur de leurs âmes de se souiller et de se corrompre au contact de compagnons déjà corrompus et corrupteurs ; vous leur inspirerez une haute estime et un amour jaloux de la pureté, en leur indiquant pour gardien fidèle la maternelle protection de la Vierge immaculée. Enfin, avec votre perspicacité de mères et d'éducatrices, grâce à la confiante ouverture de coeur que vous aurez su infuser à vos enfants, vous ne manquerez pas de chercher et de découvrir l'occasion et le moment où, certaines questions secrètes s'étant présentées à leur esprit, auront produit dans leurs sens des troubles particuliers. Alors, il appartiendra à vous pour vos filles, au père pour vos fils, de soulever - autant que cela vous apparaîtra nécessaire - avec précaution et délicatesse le voile de la vérité ; de donner une réponse prudente, juste et chrétienne à leurs questions et à leurs inquiétudes. Les révélations sur les mystérieuses et admirables lois de la vie, reçues de vos lèvres de parents chrétiens à l'heure opportune dans la mesure qui s'impose et avec toutes les précautions requises, seront écoutées avec respect et reconnaissance : elles éclaireront les âmes des adolescents avec beaucoup moins de danger que s'ils les apprenaient au hasard des rencontres louches, des conversations clandestines, à l'école de compagnons peu sûrs et déjà trop au courant, par le moyen de lectures faites en cachette et d'autant plus dangereuses et pernicieuses que le secret enflamme davantage l'imagination et les sens. Vos paroles, si elles sont dites à propos et prudentes, deviendront une sauvegarde et un conseil au milieu des tentations de la corruption environnante, "une flèche qui est prévue arrive plus lentement".

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • L'éducation (3ème partie)

       N'avez-vous jamais observé ces petits yeux ouverts et interrogateurs, sans cesse en mouvement, qui glissent sur mille objets, se fixent sur celui-ci ou sur celui-là, qui suivent un mouvement ou un geste, qui déjà manifestent la joie et la peine, la colère et l'entêtement, et ces indices des petites passions qui se nichent dans le coeur humain, avant que les petites lèvres aient appris à articuler un mot ? Ne vous en étonnez pas. On ne naît pas, comme l'ont enseigné certaines écoles philosophiques, avec les idées d'une science innée ni avec les pensées d'un passé déjà vécu. L'esprit d'un petit enfant est une page sur laquelle rien n'est écrit dès le sein de la mère : là s'écriront les images et les idées des choses que rencontrent d'heure en heure, du berceau à la tombe, ses yeux et ses autres sens, externes et internes qui, à travers sa vie, lui transmettent la vie du monde. Un irrésistible instinct du vrai et du bien porte "l'âme simplette qui ne sait rien" sur les choses sensibles ; toute cette sensibilité, toutes ces sensations de l'enfant, par le chemin desquelles l'intelligence et la volonté vont lentement se manifester et s'éveiller, ont besoin d'une éducation, d'une instruction, d'une direction vigilante et indispensable pour éviter que ne soient compromis ou faussés l'éveil normal et le fonctionnement régulier de si nobles facultés spirituelles. Dès lors, le tout-petit, sous un regard de tendresse, sur une parole qui commande, devra apprendre à ne pas céder à toutes ces impressions, à discerner avec le développement de sa raison et à dominer la mobilité de ses sensations, à commencer, en un mot, sous la direction et les avertissements maternels, l'étape et le travail de son éducation.

       Etudiez le bambin dans son jeune âge. Si vous le connaissez bien, vous l'éduquerez bien ; vous ne prendrez pas sa nature à rebours ou de travers ; vous saurez le comprendre et céder mais pas mal à propos : les petits enfants des hommes n'ont pas tous en partage un bon naturel !

       Eduquez l'intelligence de vos petits enfants. Ne leur donnez pas des idées fausses ni de fausses raisons des choses ; ne répondez pas à leurs questions,  quelles qu'elles soient, par des badinages ou des affirmations menteuses auxquelles leur esprit se rend rarement ; mais profitez de ces interrogations pour diriger et soutenir, avec patience et amour, leur esprit qui ne désire pas autre chose que s'ouvrir à la possession de la vérité et apprendre à la conquérir par la marche encore naïve des premiers raisonnements et de la réflexion à leurs débuts. Qui saura jamais dire tout ce que tant de magnifiques intelligences humaines doivent à ces lointaines et confiantes questions et réponses de l'enfance, échangées au foyer domestique ?

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • L'éducation (2ème partie)

       Dieu a confié à la femme la mission sacrée et douloureuse, mais aussi source de joie très pure, de la maternité (cf. Jn 16, 21) ; à la mère plus qu'à toute autre personne est confiée la première éducation de tout petit enfant durant les permiers mois et années. Nous ne parlerons pas des hérédités secrètes transmises par les parents aux enfants, qui ont une influence si considérable dans la future formation de leur caractère [...]. Pères et mères, chez lesquels la foi du Christ sanctifie l'amour mutuel, préparez dès avant la naissance du bébé la pureté de l'atmosphère familiale dans laquelle ses yeux et son âme s'ouvriront à la lumière et à la vie ; atmosphère qui imprégnera de la bonne odeur du Christ tous les pas de son progrès moral.

       Vous, ô mères, parce que plus sensibles et aussi tendrement aimées, vous devrez, durant l'enfance de vos bébés, les suivre à tout moment de votre regard vigilant, veiller sur le développement et la santé de leur petit corps, qui est la chair de votre chair et le fruit de votre sein maternel. Songez que ces petits enfants, devenus par le baptême enfants de Dieu par adoption, sont les préférés du Christ et que leurs anges voient la face du Père céleste (Mt 18, 10) : vous aussi, en gardant ces petits, en les fortifiant, en les éduquant, vous devez être d'autres anges qui, en donnant leurs soins et en exerçant leur surveillance, regardent toujours vers le Ciel. Dès le berceau, vous avez à commencer leur éducation non seulement corporelle, mais spirituelle ; parce que si vous ne les éduquez pas, ils s'éduqueront eux-mêmes, bien ou mal. Rappelez-vous que beaucoup de comportements même moraux que vous voyez dans l'adolescent et dans l'homme mûr ont vraiment pour origine les façons et les circonstances de la première croissance physique dans l'enfance ; des habitudes purement organiques, contractées par les tout-petits, deviendront peut-être plus tard un rude obstacle à la vie spirituelle d'une âme. Vous mettrez donc toute votre application à ce que les soins que vous donnez à vos bambins s'accordent avec les exigences d'une parfaite hygiène, de façon à préparer en eux et à fortifier, pour le moment où s'éveillera l'usage de leur raison, des facultés corporelles et des organes sains, robustes, sans déviation de tendances ; voilà pourquoi il est si désirable que, sauf le cas d'impossibilité, la mère nourrisse elle-même son enfant. Qui peut sonder les mystérieuses influences qu'exerce sur la croissance de cette petite créature la nourrice dont elle dépend entièrement dans son développement ?

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)