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Famille et Tradition - Page 4

  • Le chapelet en famille (4ème partie)

       Rosaire du père de famille, de l'homme de travail et d'énergie qui ne manque jamais d'emporter son chapelet avec son stylo et son calepin ; qui, grand professeur, ingénieur renommé, clinicien célèbre, avocat éloquent, artiste de génie, agronome expert, ne rougit point de réciter son chapelet avec une dévote simplicité durant les brefs instants qu'il arrache à la tyrannie du travail professionnel pour aller retremper son âme de chrétien dans la paix d'une église, au pied du tabernacle.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Le chapelet en famille (3ème partie)

       Rosaire de la mère de famille, chapelet de l'ouvrière ou de la paysanne, simple et solide, usé par les ans, qu'elle ne pourra prendre en main que le soir peut-être, alors que, bien fatiguée de sa journée, elle trouvera encore dans sa foi et son amour la force de le réciter en luttant contre le sommeil, pour tous les siens, pour ceux surtout qui sont le plus exposés aux dangers de l'âme ou du corps, peut-être tentés ou affligés, ou qu'avec tristesse elle voit s'éloigner de Dieu. Rosaire de la grande dame, plus riche peut-être, mais souvent accablée de préoccupations et d'angoisses plus lourdes encore.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Le chapelet en famille (2ème partie)

       Rosaire des enfants, rosaire des petits qui tiennent les grains du chapelet entre leurs doigts mignons encore malhabiles et qui lentement répètent, avec application et effort, mais déjà avec amour, les Pater et Ave que la patience de leur mère leur a enseignés ; ils se trompent, il est vrai, et parfois ils hésitent, ils confondent ; mais il y a dans le regard qu'ils attachent sur l'image de Marie, de celle en qui ils savent déjà reconnaître leur Mère du Ciel, une candeur si pleine de confiance ! Ce sera ensuite le chapelet de la première communion, qui aura sa place bien à lui dans les souvenirs de ce grand jour ; beau souvenir, à condition cependant de rester ce qu'il doit être, non pas un vain objet de luxe, mais un instrument qui aide à prier et qui évoque la pensée de Marie

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Le chapelet en famille (1ère partie)

       Rosaire des jeunes époux, que vous récitez côte à côte à l'aurore de votre nouvelle famille, en face de la vie qui s'ouvre avec ses joyeux présages, mais aussi avec ses mystères et ses responsabilités. Il est si doux, dans la joie de ces premiers jours de pleine intimité, de mettre ainsi ses espérances et ses projets d'avenir sous la protection de la Vierge toute pure et toute-puisante, de la Mère d'amour et de miséricorde, dont les joies, les douleurs et les gloires repassetn devant les yeux de votre âme au rythme des dizaines d'Ave Maria, évocation des exemples de la plus sainte des familles.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Les parents et les enfants (2ème partie)

       Si les ordres que vous donnez à vos enfants et les réprimandes que vous leur adressez procèdent des impressions du moment, d'un mouvement d'impatience, d'une imagination ou d'un sentiment aveugles ou irréfléchis, vos ordres ne manqueront point d'être la plupart du temps arbitraires, incohérents, injustes peut-être et inopportuns. Aujourd'hui, vous serez envers ces pauvres petits d'une exigence déraisonnable, d'une impitoyable sévérité ; demain, vous laisserez tout passer. Vous commencerez par leur refuser une petite chose, et, le moment d'après, fatigués de leurs pleurs ou de leur bouderie, vous la leur accorderez avec des démonstrations de tendresse, pressés d'en finir avec une scène qui vous irrite les nerfs.

       Pourquoi donc  ne savez-vous pas dominer les mouvements de votre humeur, mettre un frein à vos caprices, vous conduire vous-mêmes, alors que vous entrepenez de conduire vos enfants ? Ne vous sentez-vous pas entièrement maîtres de vous-mêmes ? Remettez à une heure plus opportune la réprimande projetée, la punition que vous croyez devoir infliger. La fermeté apaisée et tranquille de votre esprit donnera à votre parole eet au châtiment une tout autre efficacité, une influence plsu heureuse et plus d'autorité réelle que les éclats d'une passion indisciplinée.

      N'oubliez jamais que les enfants, même les plus petits, sont tout yeux à observer et à noter, et qu'ils remarqueront bien vite les changements de votre humeur. Dès le berceau, dès qu'ils parviendront à distinguer leur maman d'une autre femme, ils se rendront compte bien vite du pouvoir qu'exercent sur des parents faibles un caprice ou des pleurs et, dans leur innocente petite malice, ils ne craindront point d'en abuser.

      Gardez-vous donc de tout ce qui pourrait diminuer votre autorité auprès d'eux. Gardez-vous de gaspiller cette autorité par l'habitude des recommandations et observations continuelles et insistantes, qui finissent par les lasser ; ils feront la sourde oreille et n'y attacheront plus aucune importance. Gardez-vous de vous jouer de vos enfants et de les tromper en alléguant des raisons ou des explications fallacieuses et sans consistance, distribuées au hasard, pour vous tirer d'embarras et vous défaire de questions importunes. S'il ne vous paraît point opportun de leur exposer les vraies raisons d'un ordre ou d'un fait, il vaudra mieux pour vous faire appel à leur confiance en vous et à leur amour. Ne faussez point la vérité ; au besoin taisez-la ; vous ne soupçonnez peut-être pas les troubles et les crises qui peuvent s'élever dans ces petites âmes, le jour où elle viennent à connaître que l'on a abusé de leur crédulité naturelle.

        Gardez-vous aussi de laisser transparaître le moindre signe de désaccord, la moindre divergence de vues sur l'éducation de vos enfants : ils remarqueraient bien vite la possibilité de se servir de l'autorité de la mère contre l'autorité du père, ou du père contre la mère, et ils résisteraient difficilement à la tentation de profiter de cette désunion pour satisfaire toutes leurs fantaisies. Gardez-vous enfin d'attendre que vos enfants aient grandi en âge pour exercer sur eux votre autorité, avec bonté et avec calme, il est vrai, mais aussi avec fermeté et courage, et sans vous laisser fléchir par aucune scène de pleurs ou de colère : dès le début, dès le berceau, dès les premières lueurs de leur petite raison, faites en sorte qu'ils éprouvent et sentent sur eux des mains caressantes et délicates, mais sages aussi et prudentes, vigilantes et énergiques.

     

     

       Mais ne faut-il pas que l'amour s'accompagne du bon exemple ? Comment donc les enfants, par nature prompts à imiter, pourront-ils apprendre à obéir, s'ils voient leur mère en toute occasion ne faire aucun cas des ordres du père ou se plaindre de lui ? Comment les enfants apprendront-ils à obéir, s'ils entendent continuellement au foyer d'irrespectueuses critiques des autorités ? Comment apprendront-ils à obéir, s'ils constatent que leurs parents sont les premiers à manquer aux commandements de Dieu ou de l'Eglise ?

       Il faut, au contraire, qu'ils aient sous les yeux un père et une mère qui, dans leur manière de parler et d'agir, donnent l'exemple du respect des autorités légitimes et d'une constante fidélité à leurs propres devoirs. Un exemple si édifiant leur apprendra, avec plus d'efficacité que la plus étudiée des exhortations, la véritable obéissance chrétienne et la manière de la pratiquer à l'égard de leurs parents.

        Soyez bien persuadés, chers jeunes époux, que le bon exemple est l'héritage le plus précieux que vous puissiez donner et laisser à vos enfants. Il est le souvenir ineffaçable et lumineux d'un trésor d'oeuvres et de faits, de paroles et de conseils, d'actes pieux et de démarches vertueuses, qui restera toujours vivant dans leur mémoire et dans leur esprit ; souvenir émouvant et cher qui, aux heures de doute et d'hésitation entre le mal et le bien, entre le danger et la victoire, leur rappellera vos personnes. Aux heures troubles, quand le ciel s'assombrira, vous leur réapparaîtrez dans une vision de lumière qui éclairera et dirigera leur chemin ; elle leur rappellera la voie que vous avez parcourue dans le travail et les soucis, rançon du bonheur d'ici-bas et de là-haut.

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Les parents et les enfants. (1ère partie)

       Les pères et les mères se plaignent souvent de nos jours de ne plus réussir à plier leurs enfants à l'obéissance. Enfants capricieux qui n'écoutent personne ; adolescents qui dédaignent toute direction ; jeunes gens et jeunes filles impatients de tout conseil, sourds à tout avertissement, ambitieux de prix dans les jeux et les concours, entêtés à n'agir qu'à leur guise et persuadés d'être seuls à bien comprendre les nécessités de la vie moderne. En un mot, dit-on, la nouvelle génération - à part tant de belles et chères exceptions ! - n'est guère disposée pour l'ordinaire à s'incliner devant l'autorité du père et de la mère. [...]

     

       L'exercice normal de l'autorité ne dépend pas seulement de ceux qui doivent obéir, mais aussi, et dans une large mesure, de ceux qui ont à commander. En d'autres termes : autre chose est le droit à l'exercice de l'autorité, le droit de donner des ordres, et autre chose la supériorité morale qui rend effective l'autorité et la rehausse, et qui réussit à s'imposer aux autres et à obtenir en fait leur obéissance.

    Le droit de donner des ordres, Dieu vous l'accorde par l'acte même qui vous rend père et mère. La seconde prérogative, la supériorité morale, il vous faut l'acquérir et la conserver ; vous pouvez la perdre, et vous pouvez l'augmenter. Or le droit de commander à vos fils n'obtiendra d'eux que fort peu de chose s'il n'est accompagné de ce pouvoir, de cette autorité sur eux de votre propre personne, autorité qui vous assurera une obéissance effective. De quelle manière, par quels sages moyens pouvez-vous acquérir, conserver et accroître ce pouvoir moral ?

       A certaines personnes, Dieu accorde le don naturel du commandement, le don de savoir imposer leur volonté à autrui. C'est un don précieux. Réside-t-il tout entier dans l'esprit, ou pour une grande part dans la personne, le comportement, la parole, le regard, le visage ? Il est souvent difficile de le dire. Mais c'est aussi un don redoutable. N'en abusez point, si vous le possédez, dans vos rapports avec vos enfants : vous risqueriez d'emprisonner leur âme dans la crainte et d'avoir, au lieu de fils aimants, des esclaves. Tempérez cette force par l'effusion d'un amour qui réponde à leur affection, par une bonté douce, patiente, empressée et encourageante. Ecoutez le grand apôtre saint Paul vous dire : Patres, nolite ad indignationem provocare filios vestros, ut non pusillo animo fiant, "Pères, n'irritez points vos enfants, de epur qu'ils ne se découragent" (Col 3,21). Parents, souvenez-vous bien de ceci : la rigueur n'est digne d'éloge que lorsque le coeur est doux.

      Joindre la douceur à l'autorité, c'est vaincre et triompher en cette lutte où vous engage votre mission de parents. Au reste, pour tous ceux qui commandent, l'exercice de leur autorité ne sera bienfaisant que s'ils savent d'abord se maîtriser eux-mêmes, discipliner leurs passions et leurs impressions. [...]

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Le mari et la femme.

       Le contrat matrimonial était conclu par vous en pleine indépendance, comme entre personnes jouissant de droits strictement égaux ; votre dignité humaine s'y manifestait dans toute la grandeur de sa libre volonté. Mais, à ce moment même, vous avez fondé une famille ; or, toute famille est une société, et toute société bien ordonnée réclame un chef, tout pouvoir de chef vient de Dieu. Donc la famille que vous avez fondée a aussi son chef, un chef que Dieu a investi d'autorité sur celle qui s'est donnée à lui pour être sa compagne, et sur les enfants qui viendront par la bénédiction de Dieu accroître et égayer la famille tels des rejetons verdoyants autour du tronc de l'olivier. [...]

       Epouses et mères chrétiennes, que jamais ne vienne à vous saisir la soif d'usurper le sceptre familial ! Votre sceptre, un sceptre d'amour, doit être celui que met entre vos mains l'apôtre des nations : le salut que vous procurera la maternité, pourvu que vous persévériez dans la foi, dans la charité et dans la sainteté, unies à la modestie (1 Tm 2, 15). [...]

     

       Souvent le mari et son épouse exercent des professions de même ordre, fournissent par leur travail personnel à peu près la même contribution au budget familial, tandis que ce travail même les conduit à mener une vie assez indépendante l'un à l'égard de l'autre. Les enfants que Dieu leur envoie entre temps, comment sont-ils surveillés, gardés, éduqués, instruits ? Vous les voyez, nous ne dirons pas abandonnés, mais bien souvent confiés très tôt à des mains étrangères, formés et conduits par d'autres que leur mère, laquelle est retenue loin d'eux par l'exercice de sa profession. Faut-il s'étonner que le sens de la hiérarchie dans la famille aille s'affaiblissant et finisse par se perdre ? Faut-il s'étonner que l'autorité du père et la vigilance de la mère n'arrivent point à rendre joyeuse et intimie la vie familiale ?

     

       Maris, vous avez été investis de l'autorité. Dans vos foyers, chacun de vous est le chef, avec tous les devoirs et toutes les responsabilités que comporte ce titre. N'hésitez donc point à exercer cette autorité ; ne vous soustrayez point à ces devoirs, ne fuyez points ces responsabilités. La barre de la nef domestique a été confiée à vos mains : que l'indolence, l'insouciance, l'égoïsme et les passe-temps ne vous fasse pas abandonner ce poste. Mais, envers la femme que vous avez choisie pour compagne de votre vie, quelle délicatesse, quel respect, quelle affection votre autorité ne devra-t-elle pas témoigner et pratiquer en toutes circonstances, joyeuses ou tristes ! "Que vos ordres, ajoutait saint Augustin [...], aient la douceur du conseil, et l'obéissance tirera du conseil courage et réconfort. Au foyer chrétien, qui vit de la foi et se sait pèlerin en marche vers la cité céleste, ceux-là mêmes qui commandent sont les serviteurs de ceux à qui ils paraissent commander ; ils commandent non pour dominer, mais pour conseiller, non par l'orgueil qui veut prévaloir, mais par la bonté qui veut pourvoir". Suivez l'exemple de saint Joseph. Il contemplait devant lui la très sainte Vierge, meilleure, plus sainte, plus élevée que lui ; un souverain respect lui faisait vénérer en elle la Reine des anges et des hommes, la Mère de son Dieu ; et pourtant, il restait à son poste de chef de famille et ne négligeait aucune des obligations que lui imposait ce titre.

     

       Et vous, épouses, élevez vos coeurs ! Ne vous contentez pas d'accepter et presque de subir l'autorité de votre époux à qui Dieu vous a soumises par les dispositions de la nature et de la grâce. Dans votre sincère soumission, vous devez aimer l'autorité de votre mari, l'aimer avec l'amour respectueux que vous portez à l'autorité même de Notre-Seigneur, de qui descend tout pouvoir de chef.

       Nous savons bien que, de même que l'égalité dans les études, les écoles, les sciences, les sports et les concours fait monter dans bien des coeurs de femmes des sentiments d'orgueil, ainsi votre ombrageuse sensibilité de jeunes femmes modernes ne se pliera peut-être pas sans difficulté à la sujétion du foyer domestique. Nombre de voix autour de vous vous la représenteront, cette sujétion, comme quelque chose d'injuste ; elle vous suggéreront une indépendance plus fière, vous répéteront que vous êtes en toutes choses les égales de vos maris et que sous bien des aspects vous leur êtes supérieures. Prenez garde à ces paroles de serpents, de tentations, de mensonges : ne devenez pas d'autres Eve, ne vous détournez pas du seul chemin qui puisse vous conduire, même dès ici-bas, au vrai bonheur. La plus grande indépendance, une indépendance à laquelle vous avez un droit sacré, c'est l'indépendance d'une âme solidement chrétienne en face des exigences du mal. Lorsque le devoir se fait entendre et qu'il jette son cri d'alarme à votre esprit et à votre coeur, quand vousvous trouvez en face d'une demande qui va contre les préceptes de la loi divine, contre vos imprescriptibles devoirs de chrétiennes, d'épouses et de mères, conservez, défendez avec respect, avec calme, avec affection sans doute, mais avec une inébranlable fermeté la sainte et inaliénable indépendance de votre conscience. Il se rencontre dans la vie des jours où sonne l'heure d'un héroïsme ou d'une victoire qui ont les anges et Dieu pour seuls et invisibles témoins.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Pour les mamans, aux Anges gardiens des enfants.

    Saints Anges gardiens, amis fidèles soumis à Dieu, je m'adresse à vous pleine de confiance. Obtenez-moi avant tout la grâce d'élever tous mes enfants pour Dieu et pour le Ciel. Protégez-les chaque fois que je ne peux les surveiller. Accompagnez-les là où je ne peux les suivre. Mettez-les en garde chaque fois que je ne peux m'adresser à eux. Conduisez-les et sauvez-les pour le Ciel. Et que Dieu récompense votre Amour !

     

    Ainsi soit-il.

  • Prière d'une future maman

    Je Vous glorifie et Vous remercie, Père très Saint, Dieu Créateur, parce que Vous avez fait en moi de grandes choses et qu'un enfant va naître de cet amour humain que Vous avez béni. Daignez conduire Votre oeuvre à son terme et ne permettez pas que meure en moi celui à qui Vous avez donné la vie.

    Jésus, Fils de Dieu, je Vous adore sous les traits charmants du bébé de la crèche ; veillez sur mon tout-petit, Votre frère ; enrichissez-le des plus beaux dons de la nature et de la grâce. Qu'il soit notre joie sur la terre, Votre gloire dans l'éternité.

    Esprit-Saint, couvrez-moi de Votre ombre pendant ces mois bénis de l'attente, afin que rien ne puisse nuire à mon enfant et que sa petite âme soit prête à devenir Votre sanctuaire par le saint baptême.

    Et vous, Marie, Reine des mères, je vous donne mon tout-petit ; gardez-le dans votre coeur. Assistez-moi, je vous en prie, à l'heure de la délivrance : faites que j'accepte et que j'offre à Dieu courageusement toutes mes souffrances.

    Mon saint Ange gardien, saint Ange gardien de mon tout-petit, préservez-nous de tout accident ; consuidez-nous tous les deux.

     

    Ainsi soit-il.

  • Sanctification par la vie de mère. (3ème partie)

    Quand il grandira !

    Le Père à sa fille.

       Pendant de nombreux mois encore, toute ta vie de mère, auprès de ton enfant, va consister dans les soins dévoués que tu prodigueras à son petit corps. Donne-les avec tou ton coeur de mère et cette tâche te paraîtra si naturelle que tu en arriveras à penser qu'elle ne peut être que méritoire et sainte.

       Ma fille, la Vierge Marie, avait-elle de la joie à langer, à nourrir, à bercer, à soigner son petit Jésus ? Tu ne peux pas en douter... Eh bien ! oserais-tu penser qu'elle ne méritait pas, dès ce moment-là pour la Rédemption du monde ? Mets donc dans ton dévouement maternel une allégresse sainte et toute ta vie en sera sanctifiée. D'ailleurs cette tâche te demandera, à certaines heures, de l'abnégation et beaucoup de patience : lorsque les cris de ton petit se feront plus perçants, plus prolongés, plus énervants et qu'à travers eux, dans tes veilles, tes insomnies, tes lassitudes, tu ne découvriras pas tout de suite les causes de ses souffrances. Il ne te servira de rien de te fâcher contre ce pauvre innocent qui n'y peut rien. Mais au contraire, sanctifie-toi par la douceur et la patience ; pratique ces vertus pour sanctifier ton enfant.

       Bientôt, il te faudra commencer ta mission d'éducatrice... très tôt ! dès l'éveil de l'intelligence de ton enfant. Crée, dans ta demeure, une atmosphère religieuse pour que ton enfant la respire constamment : des images, un crucifix, une statuette de la Vierge. Puis, dès que tu le pourras, apprends-lui à joindre ses petites mains, à dire "Jésus" en même temps qu'il t'appellera du doux nom de "maman", à faire sa prière.

       Saisis toutes les occasions pour élever son âme vers Jésus, pas seulement pour faire des "sacrifices", mais aussi pour les joies qu'il goûte... il est très important que tu éveilles de bonne heure en lui, une disposition de grâces envers Moi, afin qu'il n'oublie jamais qu'il reçoit tout de Moi.

       Ta tâche d'éducatrice est noble et belle ; tu dois t'y préparer [...]. On étudie avec beaucoup de soin les conditions d'atmosphère, de climat, de terrain, de lumière, d'irrigation pour la culture des plantes. Or, quand il s'agit de cette plante délicate qu'est l'âme de l'enfant, on se livre à l'improvisation,  on se laisse guider par ses propres impulsions de nature ; on va à l'aventure. C'est l'enfant qui fait les frais de ces expériences malheureuses. On le laisse pousser tout seul, ou on veut le conduire à coups de reproches, de brusqueries, de colère.

       Il faut étudier son tempérament, ses réflexes, ses tendances de nature. Un regard attentif et vigilant de mère les aura bientôt perçus. Il faut savoir comment agir et réagir, pour discipliner les instincts, les caprices, les impressions. [...]

       Surtout, c'est par la vie de ton âme que tu formeras l'âme de ton enfant. Les moindres de tes paroles, de tes réflexions, de tes attitudes auront leur influence sur ton petit. Combien imprudents, les parents qui s'imaginent que les enfants ne comprennent pas, n'observent pas, ne savent pas. Il faut que toi, la mère, tu crées à l'intérieur de ton foyer, un climat de vie chrétienne, d'esprit chrétien.

     

       A quels signes le reconnaître, et par quels moyens le former ?

     

       - A l'occasion d'un événement, montre, par une réflexion, ton esprit de foi, et ta confiance en Ma Providence paternelle, au lieu de prononcer un murmure et de semer la découragement.

       - Ne laisse pas manquer à la charité en ta présence ; donnant toi-même l'exemple par ton attachement à ce signe du vrai chrétien.

       - Ne te laisse jamais aller à critiquer, devant tes enfants, l'autorité, qu'elle soit celle de ton Pasteur, de ton Evêque, du Chef ou celle de ceux qui ont à l'exercer auprès de tes enfants. Le respect de l'autorité est un tout ; en l'ébranlant par tes critiques de ceux qui la détiennent, tu ébranles la tienne. Tu n'obtiendras l'obéissance envers toi, que si tu sais, toi-même, la faire aimer par ton exemple.

       - Sois bonne surtout, inlassablement bonne vis-à-vis des autres, des domestiques, des fournisseurs, des pauvres, de tous, si tu veux inculquer la bonté à tes enfants.

        La bonté n'exclut nullement la fermeté à l'égard des tiens, ce ne serait pas aimer vraiment tes enfants, les aimer pour leur bien, si, sous prétexe de t'épargner une peine, un effort, tu hésitais à faire la remontrance nécessaire et à remettre dans le droit chemin les âmes qui se sont égarées.

        Le véritable amour d'une mère est celui qui veut, à tout prix, le bien de l'âme de ses enfants, leur perfectionnement, leur sanctification. Il y va de leur bonheur, non seulement dans l'Au-delà, mais pour tout leur avenir. Ainsi, tu le vois, c'est en pratiquant toutes les vertus auprès de ton enfant, que tu rempliras ta mission d'éducatrice.

     

     

    (Maternité, dix méditations pour les mamans. Mgr Guerry, pour les maternités catholiques.)

  • Sanctification par la vie de mère. (2ème partie)

    Dans les premiers mois après la naissance.

    Le Père à la mère de famille.

       Il faut que ton enfant t'aide à monter vers Moi. Pendant ces premiers mois, il est comme un petit animal, vivant d'une vie physique. [...] Il reçoit tout de toi et il n'en sait rien. [...]

       Mais voici que bientôt ses petits yeux vont se tourner vers toi... Ils te fixeront longuement... Il te semblera qu'il cherche à te reconnaître... [...] dès qu'il t'apercevra, tout en lui va s'animer, se tendre vers toi. [...] Et par cette connaissance va s'éveiller en lui, peu à peu, l'instinct de son amour filial. [...] La vie humaine sera entrée en lui par la connaissance et l'amour.

       Que cette sublime réalité, ma fille, que tu vas vivre désormais tous les jours, t'aide à comprendre ce qu'est la vie filiale que je veux voir développer en ton âme.

       Combien d'êtres humains sont, pendant toute leur existence terrestre, vis-à-vis de Moi, comme des nouveaux-nés durant les premiers mois ! Ils ne vivent que d'une vie physique, presque animale. Ils reçoivent de Moi tous les dons : celui de l'existence, celui de la santé, celui de l'intelligence... et ils n'en savent rien. Ils sont comme sourds, comme aveugles. Ils ne me connaissent pas. Beaucoup, en ouvrant un peu leurs yeux, arrivent à savoir qu'il y a un Dieu. Mais il ne Me connaissent pas comme leur Père. Comment pourraient-ils m'aimer ?

       Ce que j'attends de toi, ma fille, c'est que tu me connaisses comme un Père infiniment bon... comme ton Père aimant ; c'est que tu m'aimes d'un amour filial.

       Le désir que tu ressens si fort en ton coeur d'être bien vite aimée, très tendrement, par ton enfant, n'est qu'un écho, une participation de ce désir que j'ai dans Mon Coeur de Père d'être aimé de toi d'un amour filial pleinement confiant et tout abandonné à ma volonté de Père.

       Plus ton enfant apprendra à te connaître, plus son amour pour toi grandira. De même, plus tu apprendras à connaître ma Bonté, ma Miséricorde, mon Amour Infini de Père, plus tu M'aimeras, plus tu éprouveras le besoin de te jeter entre Mes bras de Père et de Me confier toute la conduite de ta vie. Ainsi, les progrès de ton âme dans ma connaissance et mon Amour seront reliés aux progrès de ton enfant dans la connaissance et l'amour de toi-même. Par ta vie et tes devoirs de mère auprès de ton petit, tu apprendras à pratiquer ta vie et tes devoirs de fille auprès de son Père du Ciel.

       Et quand ton petit te tendra les bras, quand il se tiendra entre tes bras, songe, à ce moment, que j'attends que tu Me tendes tes bras et que tu te tiennes, doucement abandonnée, entre Mes bras et sur Mon Coeur de Père.

    (Maternité, dix méditations pour les mamans. Mgr Guerry, pour les maternités catholiques.)

     

     

  • La mode

       Nous ne nous proposons pas de retracer ici le triste tableau trop connu des désordres qui se présentent à vos yeux : vêtements si exigus ou tels qu'ils semblent faits plutôt pour mettre davantage en relief ce qu'ils devraient voiler ; parties de sport qui se déploient dans des conditions de vêtements, d'exhibition et de camaraderie, inconciliables avec la modestie même la moins exigeante ; danses, spectacles, auditions, lectures, illustrations, ornements, où le désir du divertissement et du plaisir accumule les périls les plus graves. Nous entendons plutôt vous rappeler et remettre sous vos yeux les principes de la foi catholique qui, en ces matières, doivent éclairer votre jugement, guider votre conduite et vos pas, inspirer et soutenir votre lutte spirituelle.

       Car c'est bien d'une lutte qu'il s'agit. La pureté des âmes vivant de la grâce surnaturelle ne se conserve ni se conservera jamais sans combat. [...] Ne donnez point dans l'illusion de croire votre âme insensible aux excitations, invincible aux attraits et aux périls. Il est vrai que l'habitude souvent réussit à rendre l'esprit moins sujet à de telles impressions, surtout lorsqu'il est détourné, absorbé dans ses forces vives par l'exercice d'une activité professionnelle ou intellectuelle plus élevée. Mais s'imaginer que toutes les âmes, si enclines aux passions, puissent se rendre insensibles aux excitations provoquées par les images qui, colorées des attraits du plaisir, attisent et retiennent sur elles l'attention, serait supposer et estimer que la maligne complicité que ces périlleuses instigations trouvent dans les instincts de la nature humaine déchue et désordonnée puis jamais cesser ou diminuer. [...]

       La mode n'a, en elle-même, rien de mauvais. Elle naît spontanément de la sociabilité humaine, suivant l'impulsion qui incline à se mettre en harmonie avec ses semblables et avec les habitudes des personnes parmi lesquelles on vit. [...] Aussi, l'angélique saint Thomas d'Aquin affirme-t'il que dans les choses extérieures dont l'homme fait usage il n'y a pas de vice, mais que le vice vient de l'homme qui en use immodérément par rapport aux usages de ceux avec lesquels il vit, en se distinguant d'une façon étrange d'avec les autres, ou en usant des chose d'une façon conforme ou non conforme aux usages établis, mais avec un sentiment désordonné, par surabondance de vêtements superbement ornés, ou portés avec complaisance ou recherchés avec une sollicitude exagérée, alors que la modestie et la simplicité suffiraient à satisfaire au décorum nécessaire. Le saint docteur ajoute enfin qu'il y a acte méritoire de vertu dans la parure féminine quand elle est conforme à l'usage, conforme à l'état de la personne et dans une bonne intention. Lorsque les femmes portent des ornements décents en harmonie avec leur état et leur dignité, lorsqu'elles suivent en cela avec mesure les coutumes de leur pays, alors se parer est aussi un acte de cette vertu de la modération qui imprime une mesure à la démarche, à l'attitude, au vêtement et à tous les mouvements extérieurs. [...]

       Ce sont ces principes que saint Thomas d'Aquin énonce et rappelle touchant la toilette de la femme en indiquant quel doit être l'ordre de notre charité et de nos affections : le bien de niotre âme l'emorte sur celui de notre corps, et nous devons préférer à l'avantage de notre propre coprs le bien de l'âme de notre prochain. Dès lors ne voyez-vous pas qu'il existe une limite qu'aucune forme de mode ne peut permettre de passer, une limite au-delà de laquelle la mode se fait source de ruines pour l'âme de la femme et pour l'âme d'autrui ?

       Certaines jeunes filles diront peut-être que telle façon déterminée de se vêtir est plus commode et aussi hygiénique ; mais si elle devient pour le salut de l'âme un péril grave et prochain, elle n'est certainement pas hygiénique pour votre esprit et il est de votre devoir d'y renoncer. [...] Et si, pour un simple plaisir personnel, nul n'a le droit de mettre en péril la vie corporelle des autres, est-ce qu'il n'est pas encore moins permis de compromettre le salut, donc la vie même de leurs âmes ? Si, comme le prétendent certaines, une mode audacieuse ne produit sur elles aucune impression mauvaise, que savent-elles de l'impression que les autres en ressentent ? Qui les assure que les autres n'en retirent pas de mauvaises incitations ? [...] Oh ! combien justment on a observé que si certaines chrétiennes soupçonnaient les tentations et les chutes qu'elles causent chez les autres par leur toilette et les familiarités auxquelles, dans leur légèreté, elles accordent si peu d'importance, elles s'épouvanteraient de leur responsabilité !

        A quoi nous n'hésitons pas d'ajouter : Ô mères chrétiennes, si vous saviez quel avenir d'angoisses et de périls intérieurs, de doutes mal réprimés, de hontes mal contenues vous préparez à vos fils et à vos filles en les accoutumant imprudemment à vivre à peine couverts, en leur faisant perdre le sens délicat de la modestie, vous rougiriez de vous-même et vous redouteriez la honte que vous faites à vous-même et le tort que vous causez à ces enfants que le Ciel vous a confiés pour les élever chrétiennement. Et ce que nous dison aux mères, nous le répétons à nombre de femmes croyantes et même pieuses qui, en acceptant de suivre telle ou telle mode audacieuse, font tomber par leur exemple les dernières hésitations qui retiennent une foule de leurs soeurs loin de cette mode qui pourra devenir pour elles une cause de ruine spirituelle. Tant que certaines toilettes provocantes demeurent le triste privilège de femmes de réputation douteuse et comme le signe qui les fait reconnaître, on n'osera pas les adopter pour soi. Mais le jour où ces toilettes apparaissent portées par des personnes au-dessus de tout soupçon, on n'hésitera plus à suivre le courant, un courant qui entraînera peut-être aux pires chutes.

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

     

      

  • La prière en famille (2)

       Comme Tobie et Sara, vous connaissez Dieu, jeunes époux, Dieu qui fait toujours lever, voilé ou éclatant, son soleil sur votre matin. Pour pleines et encombrées que soient vos journées, sachez trouver au moins un instant pour vous agenouiller et pour commencer votre journée en élevant votre coeur vers le Père céleste, et en implorant son aide et sa bénédiction. Le matin, au moment où le travail quotidien vous réclame et vous sépare jusqu'à midi, peut-être même jusqu'au soir, lorsqu'après un rapide déjeuner vous échangez une parole ou un regard d'adieu, n'oubliez jamais de réciter ensemble ne fût-ce qu'un simple Notre Père ou Je vous salue, et de remercier le Ciel du pain qu'il vous a donné. La journée, longue et peut-être pénible, vous tiendra éloignés l'un de l'autre ; mais vous serez toujours, proches ou lointains, sous le regard de Dieu ; et peut-être même que vous élèverez vos coeurs ensemble en de pieux élans vers Dieu, en qui vous resterez unis et qui veillera sur vous et sur votre félicité.

       Et quand tombera le soir sur la dure besogne achevée et que vous vous réunirez au foyer pour goûter la joie d'une commune présence et deviser ensemble des événements du jour, vous donnerez à Dieu, dans ces moments si doux et si précieux d'intimité et de repos, la place qui Lui revient. N'ayez crainte : Dieu ne viendra pas vous importuner ni troubler la délicieuse intimité de vos entretiens ; au contraire, Dieu vous entend ; c'est lui qui vous a, dans son coeur, préparé et ménagé ces instants, et il vous donnera par sa présence de Père plus de tendresse et de réconfort.

       Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, nous vous en supplions, chers jeunes époux, ayez à coeur de garder cette belle tradition des familles chrétiennes : la prière du soir en commun. Elle réunit à la fin de chaque jour, pour implorer la bénédiction de Dieu et honorer la Vierge immaculée par le rosaire de ses louanges, tous ceux qui s'endormiront sous le même toit : vous deux, et puis, dès qu'ils auront appris de vous à joindre les mains, les petits que la Providence vous confiera, et enfin vos domestiques et collaborateur - si le Seigneur en a placés auprès de vous pour vous aider dans les travaux de la maison- car eux aussi sont vos frères dans le Christ et ont besoin de Dieu. Que si les dures et inexorables exigences de la vie moderne ne vous laissent pas le loisir de consacrer à la reconnaissance envers Dieu ces quelques minutes bénies, ni d'y ajouter, suivant une coutume aimée de nos pères, la lecture d'une brève vie de saint, du saint que l'Eglise nous propose comme modèle et protecteur spécial pour chaque jour, gardez-vous de sacrifier en entier, pour rapide qu'il doive être, ce moment qu'ensemble vous consacrez à Dieu, pour Le louer et pour Lui présenter vos désirs, vos besoins, vos peines et vos préoccupations.

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • La prière en famille (1)

       Nous avons brièvement commenté dans notre dernier discours aux jeunes époux les avis que saint François de Sales donne aux gens mariés. Sur la prière des époux, son pinceau a de délicieuses touches que nous voudrions aujourd'hui offrir à votre considération : "C'est la plus grande et fructueuse union du mari et de la femme que celle qui se fait en la sainte dévotion, à laquelle ils se doivent entreporter l'un l'autre à l'envi. Il y a des fruits, comme le coing, qui, pour l'âpreté de leur suc, ne sont guère agréables qu'en confiture ; il y en a d'autres qui, pour leur tendreté et délicatesse, ne peuvent durer, s'ils ne sont aussi confits, comme les cerises et abricots. Ainsi les femmes doivent souhaiter que leurs maris soient confits au sucre de la dévotion, car l'homme sans dévotion est un animal sévère, âpre et rude ; et les maris doivent souhaiter que leurs femmes soient dévotes, car sans la dévotion, la femme est grandement fragile et sujette à déchoir ou ternir en la vertu."

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII).

  • La chasteté conjugale

       Vous penserez peut-être que l'idée d'une pureté sans tache s'applique exclusivement à la virginité, idéal sublime auquel Dieu appelle non pas tous les chrétiens, mais seulement des âmes d'élite. Vous connaissez de ces âmes mais, tout en les admirant, vous n'avez pas cru que telle fût votre vocation. Sans tendre vers le sommet du renoncement total aux joies terrestres, vous avez, en suivant la voie ordinaire des commandements, le légitime désir de vous voir entourés d'une glorieuse couronne d'enfants, fruits de votre union. Et pourtant l'état de mariage, voulu par Dieu pour le commun des hommes, peut et doit avoir sa pureté sans tache.

       Est immaculé devant Dieu quiconque accomplit ses devoirs d'état avec fidélité et sans faiblesse. Dieu n'appelle pas tous ses enfants à l'état de perfection, mais Il invite chacun d'eux à la perfection de son état. "Soyez parfaits, disait Jésus, comme votre Père céleste est parfait" (Mt 5, 48). Vous connaissez les devoirs de la chasteté conjugale. Ils exigent un réel courage, héroïque parfois, et une confiance filiale en la Providence ; mais la grâce du sacrement vous a été donné précisément pour faire face à vos devoirs. Ne vous laissez donc pas dérouter par des prétexes trop en vogue et des exemples malheureusement trop fréquents.

       Ecoutez plutôt les conseils de l'ange Raphaël au jeune Tobie qui hésitait à prendre pour épouse la vertueuse Sara : "Ecoutez-moi, et je vous apprendrai quels sont ceux sur qui le démon peut prévaloir : ce sont ceux qui entrent dans le mariage en bannissant Dieu de leur coeur et de leur pensée" (Tb 6, 16-17). Et Tobie, éclairé par cette exhortation angélique, dit à sa jeune épouse : "Nous sommes les enfants des saints et nous ne pouvons pas nous unir comme les païens qui ignorent Dieu" (Tb 8, 5). N'oubliez jamais que l'amour chrétien a un but supérieur à une fugitive satisfaction.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII.)

  • Sanctification par la vie de mère. (1ère partie)

    C'est par ta vie de mère, c'est dans ta vie de mère que tu dois te sanctifier... Chacun des soins que tu as à donner à ton cher enfant devenu mon petit frère, est une occasion de mérites, donc un accroissement de grâces. Tu me deviens plus semblable et je désire que tu ne fasses plus qu'un avec Moi sous le regard et dans l'Amour du Père.

     

    Depuis 9 mois.

    Le Père à la mère de famille.

     

       Ma fille, je suis heureux que tu m'aies donné un enfant de plus.

     

       Je te l'avais donné par la Création. Car, si ton mari et toi, vous avez, par votre union, formé son corps, c'est moi qui ai animé ce petit être de chair en créant directement son âme.

       Et cela, je l'ai fait depuis le premier moment où s'est formé l'embryon en ton sein. Quelle erreur commettent ceux qui pensent que ce n'est qu'après des mois que vivrait un enfant ! Peux-tu supposer que je te laisserai porter une chair appelée à devenir un être humain sans lui infuser aussitôt l'âme qui la vivifierait ?... Depuis neuf mois, le petit être vivant que tu portes en ton sein, je le tiens dans la vie. Je ne lui ai pas communiqué cette vie, seulement le jour où j'ai créé son âme. Je la lui communique sans cesse. Si je cessais un seul instant de continuer cette création, il n'aurait plus la vie. [...]

     

       Mais voici que depuis le jour de son baptême, tout est changé ! Il est l'objet de mon Amour Infini de Père. Quand tu te penches sur ton enfant avec toute ta tendresse de mère, Je Me penche sur lui, Je l'enveloppe avec toute Ma Tendresse de Père.

       Merci, ma fille, de Me l'avoir consacré !.... Il M'appartient. Il est adopté dans Ma famille divine....

      Pendant ces neuf mois, sais-tu bien que tu l'as formée, cette âme, à l'image de ton âme ? La sienne était comme une cire prête à recevoir l'empreinte du sceau. Le sceau que tu as imprimé en elle, c'est celui de tes pensées, de tes sentiments, de tes désirs. Ce n'est pas seulement du sang de ton corps qu'il est nourri en son petit corps. C'est aussi de la vie intérieure de ton âme qu'il est nourri en son âme. Il n'en a pas eu conscience sans doute. Mais ce n'en est pas moins la pure réalité. L'union est tellement grande entre la mère et son enfant que des vies d'enfants reçoivent pour toujours l'impression des sentiments et des dispositions qui animaient le coeur de leurs mères quand elles les portaient.

       Il n'est sans doute pas, pour une mère, de leçon plus forte de purification que celle-là ! N'avoir que de nobles pensées, de généreux sentiments, des intentions pures pour que l'âme du petit en soit toute pénétrée !....

       Que dirais-tu d'une mère qui, sans s'inquiéter de ces répercussions intimes sur son enfant, se livrerait à tous ses caprices, à toutes ses passions. Elle ferait le malheur futur du fruit de son sein.

       Et, comme ce n'est pas du jour au lendemain qu'une âme de mère atteint la perfection à laquelle elle est appelée, prends la résolution de te perfectionner chaque jour par toutes les occasions de vertus que t'offre ton devoir de mère.

       Ne dis pas que cette perfection est impossible. Ce qui compte, c'est l'effort pour y tendre. Le résultat peut ne pas être obtenu... ne t'en trouble pas ! Ce qui marque dans l'âme de l'enfant, c'est le "pli" que la maman lui imprime par son effort personnel de volonté et de générosité.

     

     

    (Maternité, dix méditations pour les mamans. Mgr Guerry, pour les maternités catholiques.)

  • Les vertus de la vie conjugale.

    Le Christ à la mère de famille :

     

      La condition d'un bonheur durable est la pratique de la vertu dans la vie des époux comme partout.

       D'où vient que tant de foyers voient leur paix compromise? De ce que l'égoïsme, l'orgueil, la vanité et les autres défauts s'emparent de l'un ou l'autre, le plus souvent des deux à la fois. [...] L'amour qui ne s'alimente pas par des vertus profondes d'humilité, d'oubli de soi, d'abnégation, d'esprit de sacrifice, de patience et de douceur, est bien vite compromis ; c'est la passion qui l'emporte et la passion, c'est la jouissance égoïste pour soi. L'amour est essentiellement l'oubli de soi pour assurer le bonheur de l'être aimé.

       Veux-tu connaître les règles fondamentales de la vie à deux?

     

    Se comprendre.

       Les désaccords naissent au foyer, la plupart du temps, de ce que l'on ne veut pas faire effort pour se comprendre.

       Chercher à se mettre à la place de l'autre, à découvrir les raisons pour lesquelles il a pris une attitude qui surprend, à comprendre le motif de sa peine, de son ennui, c'est une forme très belle de charité, d'amour vrai. Tandis que, habituellement, on se contente de s'opposer l'un à l'autre ! Chacun a ses raisons et chacun les croit meilleures... On s'enferme dans sa tour d'ivoire. On se cramponne à son point de vue. La barrière est dressée... Il faut beaucoup d'abnégation pour ne pas mettre tout de suite son "moi" égoïste en avant...

       Lorsque ton mari rentre le soir harassé de fatigue, fais effort sur toi-même pour oublier tes peines... reste près de lui... appelle-Moi à ton secours... suivant les circonstances, si tu as su le comprendre, tantôt, tu garderas simplement le silence en travaillant près de lui, tantôt tu sauras trouver les mots du coeur qui apaisent.

       Mais qu'il sente qu'il est compris !

     

    Se pardonner.

       Chacun a ses faiblesses. Tu n'en es pas exempte. C'est beaucoup de le savoir. On éprouve de la difficulté à s'en persuader. Cependant, si chacun parvenait à s'en convaincre, que d'occasions de discussions seraient évitées ! [...]

       Lorsque ton mari s'est trompé, ne le harcèle pas de tes reproches ; il y a tant de joie à pardonner. Au fond de tout amour, il faut de la miséricorde, parce que tout amour vrai est une participation à l'Amour Miséricordieux du Père [...].

       Pourquoi prétendre, - comme le font les romanciers, - que l'amour est fait d'illusions? L'amour a besoin de vérité ; ce n'est pas parce que les époux se connaissent meiux qu'ils doivent s'aimer moins. Il faut au contraire que plus ils se découvrent avec leurs faiblesses, plus ils soient prêts à se pardonner... plus alors leur amour se purifiera et se fortifiera...

     

    Se supporter.

       Le mot semble offensant au premier abord. Le devoir du support mutuel reste cependant la règle fondamentale de la paix et du bonheur.

       Mais le mot est plus riche de sens qu'on ne le suppose. Se supporter : cela veut dire porter ensemble le poids de ses défauts, de ses déficiences, de ses misères, pour "se porter ensemble" vers un idéal plus pur et plus grand de perfection. Il y a là comme une invitation permanente à monter plus haut, sans se laisser accabler par les fardeaux de ses fautes ou des croix de la vie.

       Il y a surtout un appel à s'aider pour gravir ensemble les sentiers montants de la vie jusqu'aux sommets où j'attends les deux époux pour leur donner la pleine lumière.

       Il y a enfin, dans cette consigne, toute la belle vertu de patience où il entre un amour si désintéressé, si généreux, si chrétien... un amour vainqueur. La colère est un acte de faiblesse qui se soustrait à l'amour. Celui qui se laisser aller à un mouvement de colère est un vaincu. Les forts sont les patients. "Bienheureux les doux, parce qu'ils possèderont la terre."

     

    Se compléter.

         La Providence paternelle a tout disposé suavement pour que deux époux en s'unissant, se complètent mutuellement. C'est donc que séparés ils sont incomplets.

       Il faut qu'ils le sachent et ne s'en étonnent point. Lorsqu'ils apercevront leurs imperfections, ils n'en seront point surpis. Ils doivent se persuader que ce qui manque à l'un, l'autre doit le posséder, ou doit avoir les moyens de l'acquérir, pour qu'ensemble ils forment un tout, plus proche de Moi, le Divin Modèle.

       Qu'il serait beau de voir deux âmes s'aidant à découvrir leurs déficiences réciproques et à combler leurs lacunes, pour atteindre à la perfection de leur état, tout au moins pour tendre à devenir meilleurs.

       S'imaginer, qu'on possède, soi, toutes les vertus et reprocher sans cesse, à son mari, tous les défauts, c'est le fait de celles qui infatuées d'elles-mêmes et remplies d'une vanité inintelligentes, signe d'une grande médiocrité.

     

    S'estimer.

       L'amour est essentiellement fait d'estime. Pour aimer, il faut estimer, savoir apprécier à sa juste valeur celui à qui l'on donne son amour, - savoir reconnaître ses mérites, ses qualités, sa supériorité.

       L'amour se nourrit de ces mille petites attentions et de ces délicatesses dont la vie quotidienne à deux offre les occasions incessantes et variées.

        Bien sûr, on souhaiterait aussi que son mari sache lui-même reconnaître tout ce que l'on fait pour lui, pour les enfants. Désir bien légitime ! Aussi bien la règle est-elle vraie pour les deux ! Mais le meilleur moyen d'amener un époux à cette juste appréciation des mérites est de savoir soi-même donner, au moment voulu, - par un mot, un sourire, un acte, - l'impression que l'on est fière de son époux et la preuve effective que l'on a vu et compris ses actes bons, ses efforts, ses travaux, ses succès.

       Et puis même si tes actes de dévouement caché n'ont pas été tout de suite découverts par celui pour quitu les avais faits, Quelqu'un les a vu : c'est Moi, ton Jésus... Fais-les, pour être une épouse chrétienne dans toute la force du terme, pour accomplir la volonté du Père.

     

     

    (Maternité, dix méditations pour les mamans. Mgr Guerry, pour les maternités catholiques.)

      

     

  • Psaume 127

       Heureux l'homme qui craint le Seigneur, qui marche dans ses voies!

       Tu te nourris alors du travail de tes mains ; tu es heureux et comblé de biens.

       Ton épouse est comme une vigne féconde dans l'intérieur de ta maison ;

       Tes enfants sont comme de jeunes plants d'olivier autour de ta table.

       Voilà comment sera béni celui qui craint le Seigneur.

       Que le Seigneur te bénisse de Sion! Puisses-tu voir Jérusalem florissante

     tous les jours de ta vie!

       Puisses-tu voir les enfants de tes enfants, et la paix régner dans Israël!

  • Psaume 126

       Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent ceux qui la bâtissent ;

       Si le Seigneur ne garde pas la cité, en vain la sentinelle veille à ses portes.

       C'est en vain que vous vous levez avant le jour ; levez-vous après avoir pris

    votre repos, vous qui mangez le pain de la douleur,

       Car Dieu donne le sommeil à ses bien-aimés. C'est un héritage du Seigneur

     que les enfants, une récompense d'en haut que les fruits d'un sein fécond.

       Comme les flèches dans la main d'un guerrier, ainsi sont les fils des exilés.

       Heureux l'homme qui en a selon son désir! Il ne sera pas confondu, quand il

     devra répondre à ses ennemis à la porte de la ville.

  • Les relations conjugales.

    Le Christ à la mère de famille :

     

       L'amour humain est essentiellement l'union de deux âmes, de deux coeurs, de deux corps pour que deux êtres deviennent un dans la vie. [...]

       Tout ce qui les unira dans cet ordre est donc voulu par le Père. Et c'est Dieu qui a dit aux premiers parents : "Vous serez deux en une seule chair..." Par ces mots, les relations conjugales ont été bénies de Dieu et toutes les manifestations légitimes de la tendresse des époux.

       S'imaginer que l'acte conjugal accompli légitimement dans l'ordre voulu par Dieu, ne peut pas être un acte vertueux, méritoire, c'est n'avoir rien compris au plan du Père. Il ne peut vouloir que des choses saintes. Or, c'est le Père des Cieux qui a décidé que l'union des âmes et des coeurs trouverait son expression normale dans l'union des corps pour que l'amour fécond des époux s'épanouisse dans le fruit de leur union qu'est l'enfant.

       C'est précisément parce que l'amour humain est une chose sainte que c'est un crime de le profaner, de le détourner de son but pour en faire une jouissance égoïste et stérile.

       Fais donc de ton bonheur, dans ta vie d'épouse ton moyen de sanctification : ne considère pas ton Dieu comme un tiers étranger qui viendrait s'interposer entre ton époux et toi pour vous empêcher de jouir pleinement de votre union. Mon Père et Moi, Nous sommes là, au contraire, pour unir vos deux coeurs, les purifier de cet égoïsme qui est le véritable obstacle à l'amour, pour renforcer votre amour, le rendre plus profond, plus généreux, plus total.

     

    (Maternité, dix méditations pour les mamans. Mgr Guerry, pour les maternités catholiques.)