Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

famille

  • Les petites vertus du foyer (12ème partie)

    La petite vertu de patience.

     

       Voulez-vous aussi épargner à votre foyer les catastrophes causées par des disputes sans fin, mettez le pied sur l'allumette qui s'enflamme, je veux dire réprimez tout de suite le mouvement d'impatience qui vous ferait prononcer une parole malheureuse ou accomplir un geste maladroit.

       Vous me répondrez que le propre de l'impatience est justement de n'être pas réfléchie. Une fois lâché le mot qu'il ne fallait pas dire, impossible de le rattraper. [...] Et des époux, des parents, des enfants vont se causer mutuellement de la peine en s'assenant des choses désagréables qui dépassent leurs pensées et ne correspondent pas à leurs véritables sentiments. Tout cela à cause d'une légère impatience. [...]

      

       Etre patient, c'est conserver l'empire sur soi-même. Les êtres susceptibles ou violents ne se possèdent pas. Si leurs emportements ne sont pas occasionnés par une déficience physique, ils sont l'indice d'une faiblesse de la volonté. [...]

     

       "Appliquez-vous à penser aux autres avant de penser à vous, et vous réprimerez bien des mouvements d'impatience. Dites-vous : ceux que j'aime ont leurs manies et leurs travers qui m'agacent. [...] Mais ceux qui m'entourent ont aussi leurs soucis et leurs ennuis, et peut-être aussi graves que les miens. Qui sait si, au moment où ils me dérangent, ils n'ont pas plus besoin de moi, que je n'ai besoin de ma tranquilité ? Pourquoi vivons-nous ensemble si ce n'est pour nous entraider ? [...] Allons, si je pensais moins souvent à moi et plus souvent aux autres, je me montrerais plus patient." [...]

     

       Nous serons patients si nous savons nous taire et si nous savons attendre. Afin d'apprendre à nous taire lorsqu'il n'est pas expédient de parler, appliquons-nous en tout temps à ne pas parler trop tôt. Laissons les autres achever d'exprimer leurs pensées sans leur couper la parole ; prenons ensuite quelques instants avant de répondre. [...] Puisqu'il faut être deux pour se disputer, la sagesse est de n'être pas le second. [...]

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (11ème partie)

    La petite vertu de diligence.

     

       [...] La vertu de diligence consiste à aimer son travail, à le faire avec entrain, allègrement et de son mieux. [...] 

     

       Dieu, vous ne l'ignorez pas, plaça Adam dans le jardin d'Eden pour qu'il l'entretint par son travail. L'homme a été créé pour travailler, sa plus grande joie sera d'inventer dans son esprit, de fabriquer de ses mains, de produire une oeuvre dans laquelle il incarnera sa pensée créatrice. Dieu nous charge de continuer Sa création, qu'Il a laissée volontairement inachevée. Au tour de l'homme d'embellir l'univers. [...]

     

      Il nous plairait de tout voir, de tout apprendre, de pouvoir pratiquer toutes les professions. Hélas ! plusieurs existences n'y suffiraient pas. Mieux vaut ne connaître qu'une science et la bien connaître, réussir dans un art plutôt que d'être médiocre en plusieurs.

       Ce qui importe, c'est d'être versé dans toutes les connaissances qu'exige notre état, afin de bien remplir toutes nos fonctions. [...]

       Il ne faut omettre les travaux pour lesquels vous éprouvez un peu de répugnance, ni inventer des devoirs supplémentaires qui vous feraient négliger vos devoirs réels.

     

       Enfin, accomplissons toutes nos tâches de notre mieux, afin de ressembler entièrement à Jésus qui a bien fait toutes choses. Se débarrasser d'une besogne n'est pas digne d'un homme qui se respecte, et ceux à qui on présente un travail qui n'est "ni fait ni à faire" sont en droit de penser qu'on les estime peu. Quelqu'oeuvre qu'on entreprenne, il faut vouloir qu'elle soit belle. [...]

     

       Le vrai travailleur ne se préoccupe pas d'avoir fini au plus tôt, il se soucie de produire une oeuvre qui soit "finie", sans défaut, et aussi parfaite que possible. [...] N'abandonnons un ouvrage que lorsqu'il n'y a plus un seul détail à y retoucher. [...]

     

       Heureux ceux qui peuvent s'en aller vers le grand repos, avec la conscience d'avoir accompli et bien accompli l'oeuvre de leur vie !

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

     

     

  • Les petites vertus du foyer (4ème partie)

    La petite vertu de sincérité.

     

       Là où sévit le mensonge, il y a peut-être encore les apparences d'un foyer, mais les murs en sont lézardés et la ruine, hélas ! est prochaine. On ne peut pas s'aimer en dehors de la vérité, et, dans le langage de l'affection, le mensonge est ni plus ni moins une trahison. [...]

       La sincérité porte sur ce que nous pensons et sur ce que nous faisons. [...]

       La charité ne vous contraint pas à adopter une opinion que vous ne partagez point, elle veut seulement que vous ne blessiez pas les autres en émettant un avis différent du leur. [...]

       Il faut un fier courage pour ne pas accentuer ce qui nous met en valeur ou ne pas atténuer ce qui nous est défavorable. Mais grossir la vérité ou la rogner adroitement, c'est toujours l'altérer. [...]

       Enfin le silence peut, lui aussi, témoigner contre la vérité. [...] Si vous décidez que vos activités n'intéressent pas les autres ou qu'ils n'ont rien à y voir [...], vous créez à l'intérieur du foyer des zones femées où l'individualisme ronge peu à peu les liens de la communauté familiale. [...] L'heure n'est peut-être plus éloignée où ce silence favorisera la dissimulation de sentiments et d'actions [...]. Insensiblement on a franchi la pas, on est entré dans le mensonge.

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (3ème partie)

    La petite vertu de gratitude.

     

       Notre mémoire est singulièrement capricieuse, à moins que ce soit notre coeur. Si nous oublions une amabilité dont nous avons été l'objet, avec quelle précision nous retenons le souvenir d'un manque d'égards ou d'un mot blessant !" [...] Le souvenir des bienfaits rendus est plus tenace que celui des bienfaits reçus. [...]

       Merci, ce tout petit mot joyeux qui se termine sur une sonorité cristalline, c'est le mot magique qui introduit au foyer la courtoisie, le bon ordre et la sérénité.

       Merci, c'est déjà la prière qui d'un foyer chrétien s'élève vers Dieu pour lui rendre grâces. [...]

       Avant de vous endormir, repassez quelquefois dans votre esprit tout ce que, dans la journée qui s'achève, vous avez reçu des autres. [...] Même si vous limitez ce calcul aux membres de votre famille, vous serez littéralement émerveillés de tout ce qu'en un seul jour vous recevez d'eux. [...] Et voilà de quoi engager à n'être pas toujours celui qui reçoit. [...]

       Mais en attendant l'occasion de les servir avec autant de générosité, ne manquez pas celle de leur dire merci lorsqu'elle se présente. [...] A lui seul ce petit mot récompense de toutes les peines ; [...] il rend heureux celui qui le dit et celui à qui on l'adresse. [...]

       La petite vertu de gratitude est la preuve d'une grand coeur. Même envers celui qui est maladroit ou qui se trompe, du moment qu'il a bonne volonté, soyez reconnaissant au moins de son intention.

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (2ème partie)

    La petite vertu d'effacement.

       L'humilité ne consiste pas à se cacher pour ne rien faire, mais à ne pas s'admirer quand on a fait le plus et le mieux possible. [...] On ne saurait être à la fois spectateur et acteur ; on ne peut pas se mettre à la fenêtre pour se voir passer dans la rue. [...]

       Non seulement la petite vertu d'effacement ne nous diminue pas, mais elle présente un autre aspect sous lequel elle s'apparente à la charité. [...] Cherchons toujours à reconnaître les qualités des autres et effaçons-nous loyalement devant leur supériorité. [...]

       La bonne entente sera toujours mieux assurée au foyer lorsque chacun se proposera de faire plaisir aux autres. [...] Dans les foyers chrétiens, l'ordre égoïste est renversé : "Les autres d'abord ; moi ensuite." On trouve son bonheur à rendre les autres heureux. [...] Dans une famille où tout le monde s'efforce de pratiquer la vertu d'effacement, nul n'est sacrifié. On n'a plus besoin de penser à soi, les autres y pensent avant vous. Nul n'est oublié lorsque chacun s'oublie pour les autres.

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Les petites vertus du foyer (1ère partie)

    La petite vertu de courtoisie

     

       Petite courtoisie, basse vertu, mais marque d'une bien grande... Et il faut s'exercer aux petites vertus, sans lesquelles les grandes sont souvent fausses et trompeuses. [...]

       Mais si, pour la plupart des hommes, le temps réservé à la prière est forcément très court en regard de leurs autres occupations, n'oublions pas que nous vivons toute la journée sous le regard de Dieu, et que nous lui devons constamment l'hommage de notre obéissance, cet hommage se traduisant par l'offrande explicite de toutes nos activités. [...]

       En règle générale, un chrétien ne se dérobe pas devant les vertus difficiles et l'ocassion ne s'en présente que par intermittence. En revanche, la vie familiale implique quantité de petits devoirs qu'on néglige souvent, ou parce qu'ils sont très nombreux, ou parce qu'ils ne semblent pas très importants. Ils le sont néanmoins. [...]

        Quel charmant intérieur que celui où tous s'efforcent de se montrer polis et avenants. [...] Mais voilà, la politesse est assez souvent considérée comme un article d'exportation. [...]

       Votre foyer sera un foyer chrétien si déjà tous y rivalisent d'égards les uns pour les autres. [...] Bannissez de votre vocabulaire et de vos attitudes les rudesses qui n'expriment pas les vrais et profonds sentiments d'affection que vous éprouvez les uns pour les autres.

     

     

    (Les petites vertus du foyer, Georges Chevrot)

  • Collaboration des époux (2ème partie)

       Dieu a établi que coopèrent à la fin essentielle et primaire du mariage - qui est la procréation des enfants - le père et la mère, et cela par une collaboration librement consentie, dans une commune soumission à tout ce qu'un but si magnifique pourra imposer de sacrifices. But vraiment magnifique, puisque le Créateur fait participer les parents à la suprême puissance par laquelle il forma le premier homme du limon de la terre, tandis que lui se réserve d'infuser le spiraculum vitae, le souffle d'immortelle vie, et qu'il devient par là le souverain collaborateur du père et de la mère, de même qu'il est cause de toute activité et qu'il agit en tous ceux qui agissent. Votre joie, ô mères, est donc aussi la sienne, lorsque vous oubliez toutes vos peines pour vous écrier, joyeuses, à la naissance de votre enfant : Natus est homo in mundum, "Un homme est né dans le monde" (Jn 16, 21). Elle s'est accomplie en vous cette bénédiction que Dieu avait déjà donnée au paradis terrestre à nos parents et qu'il renouvela après le déluge à Noé, le second père du genre humain : "Croissez et multipliez, et remplissez la terre" (Gn &, 28 ; 8, 17).

       Mais il ne suffit pas de collaborer pour la naissance de l'enfant à la vie et à la santé corporelles : vous devez collaborer à son éducation spirituelle. En cette âme tendre, les premières impressions laissent de puissantes traces ; la fin principale du mariage ne se limite pas à la procréation des enfants : elle comprend leur éducation et leur progrès dans la crainte de Dieu comme dans la foi, de sorte que vous retrouviez et goûtiez dans cette collaboration qui doit pénétrer et animer toute votre vie conjugale, la félicité dont Dieu a déposé tant de semences fécondes dans la famille chrétienne.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Consécration à la Sainte Famille

    Ô Jésus, notre très aimable Rédempteur qui, étant envoyé du ciel pour éclairer le monde par votre doctrine et vos exemples, avez passé la plus grande partie de votre vie mortelle dans l'humble demeure de Nazareth, soumis à Marie et à Joseph, et avez consacré cette Famille, qui devait servir d'exemple à toutes les familles chrétiennes, daignez accepter avec bonté notre demeure qui se dévoue tout entière à vous.

    Protégez-la, gardez-la, affermissez-y votre sainte crainte, avec la paix et la concorde de la charité chrétienne; afin qu'elle devienne semblable au modèle divin de votre Famille et que tous ses membres sans exception participent à son bonheur éternel.

    Ô Marie, Mère très aimante de Jésus-Christ, et aussi notre Mère, faites par votre affection et votre clémence que Jésus accepte cette consécration que nous lui faisons et qu'il nous prodigue ses bienfaits et ses bénédictions.

    Ô Joseph, très saint gardien de Jésus et de Marie, secourez-nous par vos prières dans toutes les nécessités de notre âme et de notre corps, afin qu'avec vous et avec la Bienheureuse Vierge Marie, nous puissions louer éternellement Jésus-Christ notre divin Rédempteur.

     

    Ainsi soit-il.

  • Collaboration des époux (1ère partie)

       Dans la vie familiale, autres sont les devoirs particuliers à l'homme, autres les devoirs qui regardent l'épouse ; mais ni la femme ne peut demeurer complètement étrangère au travail de son mari, ni le mari aux soucis de sa femme. Tout ce qui se fait dans la famille doit être de quelque manière le fruit de la collaboration, l'oeuvre commune des époux.

       Mais qu'est-ce que collaborer ? Est-ce simplement l'addition de deux forces dont chacune travaille pour son propre compte, comme deux locomotives unissent leurs énergies pour tirer un train trop pesant ? Non, il n'ya point là de véritable collaboration. [...]

       Collaborer, ce n'est pas seulement joindre ses efforts pour son propre compte, mais les adapter à ceux d'autrui afin de les seconder et afin de fusionner, pour ainsi dire, en une commune réalisation. [...] C'est dans une seule pensée, dans une seule foi, dans une commune volonté que prend naissance toute collaboration véritable. [...]

       La collaboration exige donc une certaine abnégation personnelle qui sache se vaincre et céder, au lieu de vouloir faire prévaloir en tout ses propres vues, de se réserver toujours les travaux qui plaisent et conviennent le mieux et de se refuser à entrer dans l'ombre parfois et à voir le fruit de son propre labeur se perdre, pour ainsi dire, dans l'anonymat de l'intérêt commun.

       Cependant, pour difficile qu'apparaisse une aussi harmonieuse et intime collaboration, elle est indispensable au bonheur que Dieu destine à la famille.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Le soleil du foyer. (6ème partie)

      Et vous, maris, que Dieu a établis chefs de vos épouses et de vos familles, tandis que vous contribuerez à leur entretien, vous aurez aussi à prêter aide à vos épouses dans l'accomplissement de leur sainte, haute et bien souvent fatigante mission ; vous aurez à collaborer avec elles, l'un et l'autre animés de cette affectueuse sollicitude qui unit deux coeurs en un seul coeur, dans une même force et dans un même amour.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Le soleil du foyer. (5ème partie)

       "Mais, dira peut-être l'une ou l'autre d'entre vous, c'est nous demander là une vie de sacrifices !" Certes, votre vie est une vie de sacrifices, mais elle est aussi autre chose. Croyez-vous donc qu'on puisse ici-bas goûter un vrai et solide bonheur sans l'avoir conquis par quelque privation ou renoncement ? Pensez-vous que la pleine et parfaite béatitude du paradis terrestre se rencontre quelque part en ce monde ? Pensez-vous que votre mari ne doive pas, lui aussi, faire des sacrifices, parfois des sacrifices nombreux et lourds, pour assurer un pain honnête à sa famille ? Ce sont précisément ces sacrifices mutuels supportés par chacun des époux et à leur commun avantage qui donnent à l'amour conjugal et au bonheur de la famille leur cordialité et leur stabilité, leur sainte profondeur et cette exquise noblesse qui se manifeste dans le respect mutuel des époux et les élève dans l'affection et la reconnaissance de leurs enfants. Si le sacrifice de la mère est le plus sensible et le plus douloureux, la puissance d'en haut l'adoucit. Par son sacrifice, la femme apprend à compatir aux douleurs d'autrui. L'amour du bonheur de son foyer la garde de se replier sur elle-même ; l'amour de Dieu, qui l'amène à se dépasser, lui ouvre le coeur à toute pitié et la sanctifie.

     

       "Mais, objectera-t-on peut-être encore, la structure sociale du monde moderne pousse un grand nombre de femmes, même mariées, à sortir du foyer et à entrer dans le champ du travail et de la vie publique." Nous ne l'ignorons pas, chères filles, mais qu'un pareil état de choses constitue un idéal social pour la femme mariée, voilà qui est fort douteux. Cependant, il faut tenir compte de ce fait. La Providence, toujours vigilante dans le gouvernement de l'humanité, a mis dans l'esprit de la famille chrétienne des forces supérieures qui sont à même de tempérer et de vaincre la dureté de cet état social et de parer aux dangers qu'il cache indubitablement. Avez-vous déjà considéré le sacrifice de la mère qui doit pour des motifs particuliers, en plus de ses obligations domestiques, s'ingénier à subvenir par un travail quotidien à l'entretien de sa famille ? Lorsque le sentiment religieux et la confiance en Dieu constituent le fondement de la vie familiale, cette mère conserve, bien plus, elle nourrit et développe en ses enfants, par ses soucis et ses fatigues, le respect, l'amour et la reconnaissance qu'ils lui doivent. Si votre foyer doit passer par là, ayez avant tout une pleine confiance en Dieu, si riche en bonté secourable pour ceux qui le craignent et le servent ; et, dans les heures et les jours où vous avez le loisir de vous donner entièrement aux vôtres, ajoutez-y, avec un redoublement d'amour, le souci d'assurer le minimum indispensable à la vraie vie de famille et, plus que cela, le souci de répandre dans le coeur de votre mari et de vos enfants de lumineux rayons de soleil qui affermissent, alimentent et fécondent, pour les temps de séparation corporelle, l'union spirituelle du foyer.

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Le soleil du foyer (4ème partie)

       Mais qu'arrive-t-il si la famille se voit privée de ce soleil, si, continuellement et à tout propos, jusque dans les rapports les plus intimes, l'épouse n'hésite pas à faire sentir combien lui pèse la vie conjugale ? Où est son affectueuse douceur, lorsqu'une excessive dureté dans l'éducation, une susceptibilité mal dominée, une froideur irritée dans le regard et la parole étouffent chez les enfants l'espoir de trouver auprès de leur mère joie et réconfort ? Quand elle ne fait, hélas ! par sa voix âpre, ses plaintes et ses reproches, que jeter le trouble et l'amertume dans l'intimité de la vie familiale ? Où sont cette généreuse délicatesse et ce tendre amour quand, au lieu de créer par une naturelle et exquise simplicité une atmosphère de douce tranquilité au foyer, elle y prend des airs de dame à la mode, agitée, nerveuse et exigeante ? Est-ce là répandre les vivants et bienfaisants rayons du soleil ? N'est-ce pas plutôt un vent glacial qui gèle le jardin de la famille ? Qui s'étonnera si le mari, faute de trouver au foyer un attrait, un lien, un réconfort, le délaisse le plus possible, provoquant par là la mère à s'en éloigner comme lui, à moins que ce ne soient les absences de l'épouse qui aient préparé celles du mari ? Ainsi l'un et l'autre vont chercher ailleurs - au grave péril de leur âme et au détriment de l'union de la famille - la tranquilité, le repos, le plaisir que ne leur donne pas leur propre maison. Quelles sont les plus malheureuses victimes d'un pareil état de choses, sinon, à n'en pas douter, les enfants ?

     

       Voilà jusqu'où peut aller, épouses, votre part de responsabilité dans la concorde du bonheur familial. Si c'est à votre mari et à son travail de procurer une vie stable à votre foyer, c'est à vous et à vos soins qu'il incombe d'en assurer le bien-être et de garantir la pacifique sérénité commune de vos deux vies. C'est là pour vous non seulement une tâche que vous impose la nature, mais un devoir religieux, une obligation de vertu chrétienne, et c'est par les actes et les mérites de cette vertu chrétienne que vous grandirez dans l'amour et la grâce de Dieu.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Le soleil du foyer (3ème partie)

       L'épouse est le soleil de la famille par son naturel candide, sa digne simplicité, sa parure chrétienne et honnête, aussi bien dans le recueillement et la droiture de son esprit que dans la grâce harmonieuse de son port et de ses vêtements, de son élégance et de son maintien à la fois réservé et affectueux. Sa délicatesse de sentiments, la finesse des traits de son visage, ses silences et sourires ingénus, un simple regard et mouvement de complaisance, voilà qui lui donne la grâce d'une fleur exquise et simple à la fois qui ouvre sa corolle pour recevoir et refléter les couleurs du soleil. Oh ! si vous saviez quels profonds sentiments d'affection et de reconnaissance l'image d'une telle mère et d'une telle épouse suscite et imprime dans le coeur du père et des enfants ! Anges, qui veillez sur leur maison et écoutez leur prière, répandez les célestes parfums en ce foyer de bonheur chrétien.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Le soleil du foyer (1ère partie)

       Vous êtes heureux et vous ne voyez pas de ténèbres à l'intérieur de votre foyer : votre famille a son soleil, l'épouse. Ecoutez là-dessus les paroles de la sainte Ecriture : "La grâce d'une femme fait la joie de son mari, et son intelligence répand la vigueur en ses os. C'est un don de Dieu qu'une femme silencieuse, et rien n'est comparable à une femme bien élevée. C'est une grâce au-dessus de toute grâce qu'une femme pudique, et aucun trésor ne vaut une femme chaste. Le soleil se lève dans les hauteurs du Seigneur : ainsi la beauté d'une femme brille dans sa maison bien ornée" (Si 26, 16-21).

       Oui, l'épouse, la mère, est le soleil de la famille. Elle en est le soleil par sa générosité et son dévouement, par son aide infatigable et sa vigilante et prévoyante délicatesse à procurer tout ce qui peut égayer la vie de son mari et de ses enfants : elle répand autour d'elle lumière et chaleur. L'on a coutume de dire qu'un mariage est heureux lorsque chacun des époux se propose, en s'y engageant, non pas son bonheur à lui, mais le bonheur de son conjoint ; et, si cette noblesse de sentiment et d'intention oblige les deux époux à la fois, elle n'en est pas moins avant tout une vertu de la femme. Oui, cette vertu naît avec les battements et l'intuition du coeur maternel, de ce coeur qui, s'il reçoit des amertumes, ne veut rendre que dignité et respect, tel le soleil qui réjouit de son aurore les matins de brouillard et qui dore les nuages des rayons de son coucher.

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • La fée de la maison (1ère partie)

       Les vies conjugales les plus malheureuses sont celles où la loi de Dieu est gravement violée par l'un des conjoints, ou par l'un et l'autre. Cependant, bien que ces fautes soient une source funeste entre toutes du malheur des familles, nous ne voulons pas nous y arrêter aujourd'hui. Nous songeons plutôt aux époux réglés dans leur conduite, fidèles aux devoirs essentiels de leur état, et qui, par ailleurs, ne sont pas heureux dans leur mariage parce que leur coeur y rencontre si souvent le dépit, le malaise, l'éloignement, la froideur et les heurts. Sur qui rejeter la responsabilité de ces troubles et agitations de la vie commune ?

        C'est un fait hors de doute que la femme peut contribuer plus que l'homme au bonheur du foyer. Au mari incombe la tâche d'assurer la subsistance et l'avenir des personnes et de la maison, de prendre des décisions qui engagent les parents et les enfants ; à la femme ces mille petits soins, ces mille petites attentions, tous ces impondérables de la vie quotidienne qui donnent son atmosphère à la famille, une atmosphère qui devient, par leur présence, saine, fraîche, réconfortante, et que leur absence rend pesante, viciée, irrespirable. Au foyer, l'action de l'épouse doit toujours être celle de la femme forte que la sainte Ecriture exalte tant, de la femme en qui le coeur de son mari a confiance et qui lui fait du bien, et non du mal, tous les jours de sa vie (Pr 31, 11-12).

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Coeur à coeur (4ème partie)

       L'indifférence et l'insouciance, voilà peut-être, parmi les innombrables formes de l'égoïsme humain, les pires de toutes. Rien ne facilitera entre vous les mutuelles confidences autant que l'intérêt véritable, simple, sincère, cordial, manifesté, pour tout ce qui tient à coeur à celui ou à celle dont vous partagez la vie. Cette carrière, ces études, ce travail, cet emploi ne seront point les vôtres, épouses, et d'eux-mêmes ils ne vous diront rien ; mais c'est la carrière, les études, le travail, l'emploi de votre mari. Il y donne son ardeur passionnée, ses sueurs ; il y attache ses rêves d'avenir, l'espoir d'améliorer sa situation familiale et personnelle : pourraient-ils donc vous laisser indifférentes ? Maris, vous ne manquez certes point de graves préoccupations professionnelles ; mais les mille soins de votre femme pour rendre votre intérieur plus confortable et plus tranquille, toutes ses industries pour vous plaire de plus en plus en toutes choses, pour les oeuvres de bienfaisance et d'utilité religieuse et sociale, tout cela vous laissera-t-il froids, distraits, voire maussades et grognons ?

    [...]

       Le coeur ouvert, tous les écrivains qui ont décrit et chanté les louanges de l'amitié, l'exaltent comme le fondement du lien qui unit deux amis dans l'affection ; mais au foyer de la vie conjugale il s'élève plus haut encore : jusqu'au faîte du sanctuaire de la paix et de la joie domestique. Là un coeur s'ouvre à vous et il vous est donné à tout instant de lui ouvrir le vôtre, que ce soit le matin, le midi ou le soir de votre journée ; il est toujours source et aliment de la félicité que l'on goûte dans le mariage chrétien, chrétiennement vécu, plus encore que dans la simple amitié.

       Que Dieu, chers jeunes époux, vous donne la grâce d'affronter avec une générosité croissante les petits sacrifices si souvent nécessaires à qui veut goûter pleinement pareille félicité !

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Coeur à coeur (3ème partie)

       N'est-il pas d'une souveraine importance que deux fiancés s'assurent que leurs vies s'accordent et s'harmonisent parfaitement ? Si l'un des deux est sincèrement, profondément chrétien, et l'autre, ce qui, hélas ! peut arriver, peu croyant ou nullement, peu ou nullement soucieux des devoirs et pratiques de la religion, vous comprenez bien qu'il restera entre ces âmes, malgré leur intime amour, une douloureuse dissonance, qui ne s'harmonisera entièrement que le jour où se réalisera pleinement cette parole de saint Paul : "Le mari infidèle est sanctifié par la femme, et la femme infidèle est sanctifiée par le mari." (1 Co 6, 14).

     

       Quand au contraire, dans un foyer, un commun idéal de vie unit déjà les deux époux et qu'il sont l'un et l'autre, par la grâce sanctifiante, enfants de Dieu et temples de l'Esprit-Saint, il devient aisé et doux de se confier mutuellement les joies et les tristesses, les craintes et les espérances, les pensées et les projets concernant l'ordre intérieur de la maison, l'avenir de la famille et l'éducation des enfants : tout cela, l'un et l'autre le rêveront, le prévoiront, le réaliseront dans une intime concorde. Alors, l'amour mutuel et la foi commune dissiperont tout désaccord et se transformeront en force et en secours, lorsqu'il faudra vaincre les doutes et les hésitations d'une timidité naturelle incertaine en ses démarches, ou ces tendances et habitudes d'isolement et de repliement sur soi-même qui sont bien propres à créer et à alimenter un silence mécontent ; et l'on n'hésitera point, en de pareilles circontances, à agir avec la vigueur nécessaire pour cette victoire dont on comprend toute l'importance. Cet amour d'où naît le désir d'une intime fusion de vos vies vous donnera l'ardeur et le courage qu'il faudra pour modifier et adapter vos goûts, vos habitudes, vos préférences et prédilections naturelles selon les besoins de votre union et pour résister aux suggestions de l'égoïsme et de la nonchalence. Tout cela, la Providence de Dieu qui vous a unis, ne le demande-t-elle point à la générosité de votre coeur, à cet esprit de véritable communauté de vie qui fait sien tout ce qui plaît à la personne avec laquelle on vit ? N'est-il pas conforme aux intentions de Dieu sur votre union que vous preniez intérêt à ce qui intéresse votre mari, votre épouse ?

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • Coeur à coeur (1ère partie)

       A plus d'une reprise, des écrivains renommés ont représenté dans leurs récits, leurs nouvelles ou leurs drames, ce paradoxe parfois tragique : la position morale de deux excellents époux faits pour s'entendre en perfection, et qui n'ont pas su s'ouvrir l'un à l'autre. Ces époux restent dans leur vie commune pour ainsi dire étrangers l'un à l'autre ; ils laissent s'élever et grandir en eux des incompréhensions et des malentendus, qui peu à peu, troublent et menacent leur union et qui souvent les mettent sur le chemin des pires catastrophes. Hélas ! ces conditions morales ne se trouvent pas seulement dans les oeuvres des romanciers : elles se rencontrent, à des degrés divers, dans la vie de chaque jour et même parmi les bons chrétiens. Quelle en est la cause ? Ce sera parfois une sorte de timidité naturelle qui inspire à certains hommes et à certaines femmes une répugnance instinctive à manifester leurs sentiments intimes et à les communiquer à qui que ce soit. Une autre fois, ce sera un manque de simplicité qui naît d'une vanité, d'un orgueil caché, inconscient peut-être. D'autres fois encore, il faudra en chercher la cause dans une éducation défectueuse, excessivement dure et par trop extérieure, qui a habitué l'âme à se replier sur elle-même, à ne pas s'ouvrir et à ne pas se donner, par crainte de se voir blessée en ce qu'elle a de plus profond et de plus délicat.

     

       Et pourtant, bien-aimés fils et filles, cette confiance mutuelle, cette ouverture réciproque des coeurs, cette simplicité de l'un et l'autre à mettre en commun vos pensées, vos aspirations, vos préoccupations, vos joies et vos tristesses, cette confiance est une condition nécessaire, un élément, un aliment même, et substantiel, de votre félicité.

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • L'éducation (5ème partie)

       Mais, dira peut-être quelque mère de famille, les enfants d'aujourd'hui sont si difficiles à gouverner ! Avec mon fils, avec ma fille, il n'y a rien à faire, on ne peut rien obtenir. C'est vrai ; à douze ou quinze ans, beaucoup de garçons et de filles se montrent intraitables. Mais pourquoi ? Parce que, quand ils avaient deux ou trois ans, tout leur fut accordé et permis, tout leur fut passé comme bon. Il y a, il est vrai, des tempéraments ingrats et rebelles ; mais quel petit, fermé, têtu, insensible, cesse en raison de ces défauts d'être votre enfant ? L'aimeriez-vous moins que ses frères s'il était infirme ou estropié ? Dieu vous l'a confié aussi ; gardez-vous de le laisser devenir le rebut de la famille. Personne n'est si farouche qu'il ne s'adoucisse grâce aux soins, à la patience, à l'affection ; bien rare sera la cas où, sur ce terrain rocailleux et sauvage, vous ne réussirez pas à faire naître quelque fleur de soumission et de vertu, pourvu que vous ne risquiez pas de décourager dans cette petite âme orgueilleuse, par des sévérités partiales et déraisonnables, le fond de bonne volonté cachée en elle. Vous dénatureriez toute l'éducation de vos enfants, si jamais ils découvraient chez vous (et Dieu sait qu'ils ont des yeux pour être capables de le faire) des prédilections pour des frères, des préférences dans les faveurs, des antipathies à l'égard de l'un ou de l'autre ; pour votre bien et celui de la famille, il est nécessaire que tous sentent, que tous voient dans vos sévérités pondérés comme dans vos doux encouragements et dans vos caresses, un égal amour qui ne fait pas de distinction entre eux, sinon pour corriger le mal et pour promouvoir le bien ; ne les avez-vous pas reçus également tous de Dieu ?

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)

  • L'éducation (3ème partie)

       N'avez-vous jamais observé ces petits yeux ouverts et interrogateurs, sans cesse en mouvement, qui glissent sur mille objets, se fixent sur celui-ci ou sur celui-là, qui suivent un mouvement ou un geste, qui déjà manifestent la joie et la peine, la colère et l'entêtement, et ces indices des petites passions qui se nichent dans le coeur humain, avant que les petites lèvres aient appris à articuler un mot ? Ne vous en étonnez pas. On ne naît pas, comme l'ont enseigné certaines écoles philosophiques, avec les idées d'une science innée ni avec les pensées d'un passé déjà vécu. L'esprit d'un petit enfant est une page sur laquelle rien n'est écrit dès le sein de la mère : là s'écriront les images et les idées des choses que rencontrent d'heure en heure, du berceau à la tombe, ses yeux et ses autres sens, externes et internes qui, à travers sa vie, lui transmettent la vie du monde. Un irrésistible instinct du vrai et du bien porte "l'âme simplette qui ne sait rien" sur les choses sensibles ; toute cette sensibilité, toutes ces sensations de l'enfant, par le chemin desquelles l'intelligence et la volonté vont lentement se manifester et s'éveiller, ont besoin d'une éducation, d'une instruction, d'une direction vigilante et indispensable pour éviter que ne soient compromis ou faussés l'éveil normal et le fonctionnement régulier de si nobles facultés spirituelles. Dès lors, le tout-petit, sous un regard de tendresse, sur une parole qui commande, devra apprendre à ne pas céder à toutes ces impressions, à discerner avec le développement de sa raison et à dominer la mobilité de ses sensations, à commencer, en un mot, sous la direction et les avertissements maternels, l'étape et le travail de son éducation.

       Etudiez le bambin dans son jeune âge. Si vous le connaissez bien, vous l'éduquerez bien ; vous ne prendrez pas sa nature à rebours ou de travers ; vous saurez le comprendre et céder mais pas mal à propos : les petits enfants des hommes n'ont pas tous en partage un bon naturel !

       Eduquez l'intelligence de vos petits enfants. Ne leur donnez pas des idées fausses ni de fausses raisons des choses ; ne répondez pas à leurs questions,  quelles qu'elles soient, par des badinages ou des affirmations menteuses auxquelles leur esprit se rend rarement ; mais profitez de ces interrogations pour diriger et soutenir, avec patience et amour, leur esprit qui ne désire pas autre chose que s'ouvrir à la possession de la vérité et apprendre à la conquérir par la marche encore naïve des premiers raisonnements et de la réflexion à leurs débuts. Qui saura jamais dire tout ce que tant de magnifiques intelligences humaines doivent à ces lointaines et confiantes questions et réponses de l'enfance, échangées au foyer domestique ?

     

     

    (Le mariage chrétien, Pie XII)